Alors qu’il fêtera ses 160 ans en 2020, le Musée des beaux-arts de Montréal présentera, l’an prochain, des expositions qui reflètent son souci de pluralité. Avec une diversité de thèmes et de moyens d’expression, de l’art moderne au contemporain, de la peinture à la photographie en passant par la performance.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Paris au temps du postimpressionnisme : Signac et les indépendants

Grâce à un grand collectionneur privé, le musée déploiera pas moins de 500 peintures et œuvres graphiques des XIXe et XXe siècles. Avec des œuvres du cofondateur du célèbre Salon des indépendants de 1884, Paul Signac, mais aussi des chefs-d’œuvre de Claude Monet, Berthe Morisot, Raoul Dufy, Othon Friesz, Albert Marquet, Paul Gauguin, Alfons Mucha, Odilon Redon, Pierre Bonnard, Camille Pissarro, Georges Seurat ou encore Pablo Picasso. La grande expo beaux-arts au MBAM en 2020.

Du 28 mars au 27 septembre 2020.

Grafik ! 

PHOTO CHRISTINE GUEST, FOURNIE PAR LE MBAM

Männerbildnis [Portrait d’homme], 1919, Erich Heckel (1883-1970), gravure sur bois de fil. MBAM, en cours d’acquisition. © Succession Erich Heckel / SOCAN (2019). 

Grafik ! Cinq siècles d’arts graphiques allemands et autrichiens est une première au musée. Le commissaire et conservateur des maîtres anciens au MBAM, Hilliard T. Goldfarb, réunira près de 80 œuvres datant du XVe siècle jusqu’aux années 80. Avec des gravures d’Israhel van Meckenem et de Martin Schongauer, des œuvres importantes d’Albrecht Dürer, de Julius Schnorr von Carolsfeld, Max Klinger, Gustav Klimt, Otto Dix, Erich Heckel, Vassily Kandinsky ou encore une récente acquisition de Georg Baselitz.

Du 8 avril au 27 septembre 2020.

Yehouda Chaki : Mi Makir

PHOTO FOURNIE PAR LE MBAM

Mi Makir : 30698, 1998-1999, Yehouda Chaki (1938 — ). Avec la permission de l’artiste.

Alors qu’en 2020 on soulignera le 75e anniversaire de la fin de l’Holocauste, le MBAM organisera une exposition du Montréalais Yehouda Chaki dont une partie de la famille a péri dans le camp de concentration nazi d’Auschwitz. Son installation, Mi Makir (qui connaît ces gens ?, en français), sera constituée de portraits indistincts d’individus exécutés dans les camps nazis, avec le matricule des vraies victimes de l’Holocauste... Une expo sur la mémoire et les horreurs de l’extrémisme.

Du 21 avril au 16 août 2020.

Manuel Mathieu — Survivance

PHOTO GUY L’HEUREUX, FOURNIE PAR LE MBAM

The Gardner Mané, 2019, Manuel Mathieu (1986 — ), techniques mixtes

Premier solo muséal pour le peintre montréalais et haïtien Manuel Mathieu. Avec notamment des œuvres créées lors de sa résidence actuelle à Stuttgart. « De grands tableaux qui hantent le regard », selon Sylvie Lacerte, conservatrice de l’art québécois et canadien contemporain au MBAM, qui signera cette exposition. À noter qu’une autre expo, intitulée Fugitifs — La résistance chez les esclaves noirs du Québec, aura lieu, l’été prochain, au MBAM, en collaboration avec le rappeur et historien Webster.

Du 25 avril au 13 septembre 2020.

Diane Arbus — photographies, 1956-1971

PHOTO DIANE ARBUS, FOURNIE PAR LE MBAM

Jeune famille de Brooklyn partant pour une promenade du dimanche, New York, 1966, Diane Arbus, épreuve à la gélatine argentique. MBAM, don de Luc LaRochelle

Bel événement estival en 2020 avec quelque 150 clichés de la grande photographe américaine Diane Arbus (1923-1971), qui a fait sa marque avec des portraits remplis d’humanité et réalisés principalement à New York. Les visiteurs pourront reconnaître ses images iconiques dans lesquelles on trouve des couples, des enfants, des familles et des artistes photographiés pendant 15 ans. Cette exposition marquera l’ouverture d’un nouvel espace du musée consacré à la photographie.

Du 6 juin au 20 septembre 2020.

Écologies

PHOTO ISABELLE HAYEUR, FOURNIE PAR LE MBAM

Limulus de la série Underworlds, 2014, Isabelle Hayeur, impression à jet d’encre marouflée sur aluminium, 1/1. En cours d’acquisition.

Alors que l’humanité essaie tant bien que mal de trouver des solutions pour se prémunir contre les périls des changements climatiques, le musée organisera une exposition sur les différentes approches de l’écologie. Écoactivisme, écoféminisme, écoanxiété, écologie d’un milieu, etc. Avec des œuvres d’artistes tels que Guy Laramée, Isabelle Hayeur, Olafur Eliasson, Maryse Goudreau, Marie-Christine Mathieu, Gillian Dykeman ou encore Heather Cambell.

Du 13 juin 2020 à mai 2021.

Yann Pocreau – Les impermanents

PHOTO YANN POCREAU, FOURNIE PAR LE MBAM

Les astres, 2018, Yann Pocreau (1980 — ), épreuve numérique

L’artiste montréalais Yann Pocreau sera à l’honneur à l’automne 2020 au Centre des arts graphiques du MBAM, avec des œuvres découlant de sa résidence à la Fonderie Darling (parrainée par le musée) et de son séjour à l’Observatoire du Mont-Mégantic. Des œuvres tournant autour de son intérêt pour le cosmos et la lumière, notamment la lumière dans l’espace, qui habite sensiblement sa pratique.

Du 12 septembre 2020 au 10 janvier 2021.

Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones

PHOTO FOURNIE PAR LE MBAM

Paysage, 1971, Jean Paul Riopelle (1923-2002), acrylique sur lithographie marouflée sur toile, 160 cm x 120 cm. Collection Champlain Charest. © Succession Jean Paul Riopelle/ SOCAN (2019).

Grosse exposition Riopelle au programme de l’automne 2020, avec publication scientifique, autour des influences qui ont marqué l’œuvre de l’artiste québécois. Avec des créations de Jean Paul Riopelle, mais aussi beaucoup d’objets d’art autochtones qui ont alimenté son imaginaire, et bien des documents inédits dont plusieurs découlent de son amitié avec le collectionneur d’art autochtone Georges Duthuit. L’expo comprendra 150 œuvres issues de nombreuses collections, notamment celle de Champlain Charest, ami et mécène de Riopelle.

Du 19 septembre 2020 au 7 février 2021.

Mauvais genre – Une histoire secrète du travestissement

PHOTO FOURNIE PAR LE MBAM

Homme maquillé portant une bague de femme, photomaton anonyme avec des rehauts de couleur, États-Unis, vers 1920. Prêt de la collection de Sébastien Lifshitz. © 2016 Éditions Textuel — Collection Sébastien Lifshitz.

Réflexion sur l’identité de genre, cette exposition conçue par le réalisateur, documentariste, scénariste et collectionneur français Sébastien Lifshitz montrera des photographies datant de 1880 à 1980 qu’il a trouvées dans des brocantes ou sur l’internet et qui évoquent des pratiques transgenres, qu’elles soient intimes, théâtrales, rituelles ou passagères. Une exposition déjà présentée aux Rencontres d’Arles, en France, et qui le sera au Ryerson Image Center, à Toronto, avant de venir à Montréal.

Du 24 octobre 2020 au 14 février 2021.

Caroline Monnet — Ninga Mínèh

PHOTO FOURNIE PAR LE MBAM

Regalia, 2019, Caroline Monnet (1985 — ), broderie sur Tyvek. Avec l’aimable concours de l’artiste.

L’artiste canadienne d’origine autochtone et bretonne présentera sa première expo solo dans un musée montréalais dans environ un an. Ninga Mínèh, qui signifie en langue algonquienne Je te le donnerai, évoquera la colonisation des autochtones du Canada et leurs conditions de vie passées et présentes. Notamment leurs habitations construites avec des matériaux de piètre qualité que Caroline Monnet détourne pour créer des œuvres, entre autres des broderies et des gravures. À noter que le MBAM présentera également une performance audacieuse de Victor Pilon, Sisyphe, du 20 octobre au 15 novembre 2020. À suivre !

Du 12 décembre 2020 à mai 2021.