(New York) Depuis plus de 40 ans qu’il fait des films, Gus Van Sant a toujours gardé un intérêt en parallèle pour la peinture, une de ses passions de jeunesse.

Agence France-Presse

Neuf des toiles les plus récentes du réalisateur de Elephant, My Own Private Idaho ou Good Will Hunting sont, depuis quelques jours et jusqu’au 1er novembre, visibles à la galerie Vito Schnabel, dans le quartier de Greenwich Village — sa première exposition en solo à New York.

Ces aquarelles sur lin de plus de 2 mètres de haut sont presque toutes sans titre, avec pour « personnage principal » l’esquisse d’un homme nu, qui semble flotter au milieu d’un paysage onirique fait de flots de voitures, de couleurs qui s’entremêlent, avec parfois au loin un monument reconnaissable de Los Angeles, le Griffith Observatory.

Pour cette première exposition en solo à New York, Gus Van Sant, installé à Los Angeles depuis la fin des années 70, s’est inspiré de nombreuses « années passées à vivre non loin de Hollywood Boulevard », a-t-il expliqué dans un courriel à l’AFP.

Il y a la volonté de « transmettre toutes les émotions et activités transgressives qui y ont lieu », a ajouté le cinéaste de 67 ans, dont l’œuvre s’est toujours centrée sur diverses formes de marginalité. « Il y a aussi des moments de réflexion, des moments de désespoir, de curiosité, et parfois de folie ».

Pour lui qui a décroché la Palme d’or à Cannes en 2003 pour Elephant et a connu de grands succès avec Good Will Hunting ou Milk, peindre et faire des films sont des activités « essentiellement distinctes », même s’« il y a parfois des liens ».

« La réalisation est tournée vers l’histoire, avec une tension dramatique, tandis que la peinture a une tension visuelle qui tient à la composition, au contexte », dit-il.

Même s’il s’agit de sa première exposition solo à New York, le goût de Gus Van Sant pour la peinture et la pluridisciplinarité est connu : en 2016, la Cinémathèque française lui consacrait une rétrospective, montrant aussi bien son travail de peintre que de photographe.

Et en 2011, il organisait avec l’acteur James Franco une exposition à Los Angeles montrant leurs toiles à tous les deux.

« La plupart » des neuf toiles exposées à New York sont d’ores et déjà vendues, a indiqué Cy Schnabel, frère du galeriste Vito Schnabel, sans préciser pour combien ou par qui.