(Paris) Le plasticien américain Jeff Koons, dont une sculpture a été vendue mercredi 91,1 millions de dollars à New York, record pour un artiste vivant, soulève régulièrement la controverse avec ses œuvres « kitsch » et « néo-pop ».

Claude CASTERAN
Agence France-Presse

Premier scandale

Au début des années 90, Jeff Koons est en couple avec l’ancienne actrice de films X la « Cicciolina » (de son vrai nom Ilona Staller, devenue par la suite une femme politique italienne). Il réalise avec elle plusieurs œuvres d’art à caractère pornographique, où ils se mettent en scène dans des positions parfois très explicites. Ils se marient en 1991, avant de divorcer en 1994.

Condamné pour plagiat

PHOTO LISE ASERUD, ARCHIVES AFP

Jeff Koons admire l'une de ses oeuvres exposée au musée Astrup Fearnley à Oslo en Norvège.

L’artiste a dû faire face à de multiples accusations de plagiat, mais, s’il fait souvent fi du droit d’auteur, il se défend en parlant d’« art de l’appropriation ».

Il a été condamné aux États-Unis en 1992 pour sa sculpture String of Puppies (plagiat du cliché d’un photographe) et, en 1993, pour avoir représenté Odie, un personnage de la série Garfield, dans Wild Boy and Puppy.

En 2017, les internautes ukrainiens se sont déchaînés contre Jeff Koons, qui avait dévoilé à New York une sculpture gonflable représentant une danseuse assise, copie quasi conforme d’une figurine d’une sculptrice ukrainienne décédée en 1993.

En France, en 2018, il a été condamné par le Tribunal de grande instance de Paris pour « contrefaçon » pour avoir copié le cochon d’une marque française de prêt-à-porter féminin, Naf-Naf, dans une œuvre exposée à Paris en 2014.

En 2017, le même tribunal parisien avait jugé que son œuvre Naked était la contrefaçon du cliché d’un photographe français montrant deux enfants nus, et l’a condamné à verser des dommages et intérêts aux ayants-droit de l’auteur de la photographie.

Choc des cultures à Versailles

PHOTO DANNY MOLOSHOK, ARCHIVES AP

Jeff Koons en 2017

En 2008, le trublion expose à Versailles, aussi bien dans les jardins du Palais que dans les appartements. C’est une provocation pour les défenseurs de l’histoire de France, qui critiquent l’intrusion d’un artiste aussi subversif dans un lieu empreint de classicisme. Une manifestation a lieu devant le château.

Sur le plan judiciaire, la justice déboute le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, qui se présentait comme le descendant de Louis XIV et demandait l’interdiction de l’exposition, la jugeant pornographique. Il se disait choqué notamment par Pink Panther (1988), où la panthère rose enlace une pin-up blonde, ou encore par un bouquet de fleurs en bois polychrome, pouvant représenter symboliquement des sexes féminins.

Au final, l’exposition est un grand succès.

Fleurs embarrassantes

PHOTO EVAN AGOSTINI, ARCHIVES AP

Jeff Koons et sa femme Justine Koons en 2018

En 2016, Jeff Koons offre un projet de sculpture - de 10 m de haut pour 33 tonnes, représentant une main tenant des tulipes multicolores - à la ville de Paris, en hommage aux victimes des attentats qui viennent d’endeuiller le pays et sa capitale. Initialement, la sculpture devait être installée face à la tour Eiffel.

Mais l’idée suscite une levée de boucliers.  Des voix s’élèvent pour contester l’emplacement, le coût de réalisation de l’œuvre - 3,5 millions d’euros payés par le mécénat -, son intérêt artistique ou encore la personnalité de l’artiste. Après des mois de tension, le bouquet de fleurs trouve un emplacement près du Petit Palais.