La 12foire montréalaise d’art contemporain aura lieu du 26 au 28 avril au Vieux-Port et exposera non seulement des œuvres sur papier, mais aussi des peintures sur toile et des sculptures. Le prix d’entrée, introduit l’an dernier, demeure toutefois en vigueur.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Le président du Musée d’art contemporain de Montréal, Alexandre Taillefer, mais aussi des galeristes l’avaient suggéré en 2015 : élargir la vocation de la foire Papier aux œuvres créées sur d’autres supports serait bénéfique tant pour les artistes que pour les collectionneurs et les galeries. Eh bien, c’est fait ! Des peintures et des sculptures seront exposées cette année à Papier, mais dans une proportion ne dépassant pas 50 %.

« L’idée était dans l’air et la majorité de nos membres a souhaité qu’on s’ouvre à d’autres médiums afin que les galeries puissent montrer tous leurs artistes et pas toujours les mêmes », a dit Julie Lacroix, directrice générale de l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), organisatrice de la foire, à La Presse.

Le projet, il y a deux ans, d’une entreprise américaine de venir jouer dans les plates-bandes de l’AGAC en organisant une foire d’art toutes techniques à Montréal – projet qui ne s’est pas réalisé – a pesé dans la balance.

« Notre volonté est toujours d’amener le public à venir acheter une première œuvre d’art, mais on devait aussi répondre au marché, dit-elle. Et on veut s’assurer que les grands collectionneurs soient là. Alors c’est une décision qui montre qu’on gagne en maturité. »

Prix d’entrée

La 12foire Papier accueillera les visiteurs dans les espaces très lumineux du Grand Quai, le nouveau terminal de croisières du port de Montréal. Avec une superficie de 37 500 pi2 (au lieu de 20 000 pi2, l’an dernier, à l’Arsenal), la salle d’exposition permettra aux galeries participantes de présenter leurs œuvres dans des stands plus spacieux.

PHOTO PAUL LITHERLAND, FOURNIE PAR LA GALERIE FEHELEY FINE ARTS

Convergence, 2018, Passa Mangiuk, 39 po x 66 po. Avec la collaboration des artistes Lyne Bastien, Qumaq Iyaituk et Mary Paningajak.

Malgré un coût de location au pied carré similaire, le budget de la foire a augmenté, ce qui a conduit l’AGAC à conserver un prix d’entrée de 10 $ pour Papier. L’initiative de l’an dernier a pourtant fait baisser la fréquentation de 39 %, passant de 18 000 personnes en 2017 à 11 000 en 2018. 

« L’AGAC a une aide financière minuscule et si on veut maintenir l’équipe à l’année, il faut que Papier génère assez de revenus », explique Julie Lacroix.

Mme Lacroix ne pense pas que le nombre de visiteurs remontera à 18 000 cette année. Ce chiffre, atteint en 2017, était surtout dû, selon elle, au passage de Karine Vanasse, alors porte-parole de Papier, à l’émission Tout le monde en parle. Cette année, elle vise plutôt le chiffre de 13 000 visiteurs, mais ajoute que la meilleure visibilité de l’événement, au cœur du Vieux-Port, pourrait drainer plus de touristes.

Les familles sont-elles pénalisées par ces frais d’entrée ? « Je ne pense pas, dit Julie Lacroix, car c’est gratuit pour les enfants. Et il y a des réductions pour les étudiants et les aînés. »

Programmation

Cette année, des espaces seront occupés par trois galeries alternatives qui présenteront des projets conçus pour l’occasion. Papier accueillera les galeries Franz Kaka (Toronto), TAP Art Space (Montréal) et Towards (Toronto). 

« Leur modèle d’affaires est différent, dit Julie Lacroix. Au lieu de représenter des artistes, elles se concentrent sur des projets. C’est une nouvelle réalité. »

Papier exposera également cinq projets spéciaux : l’art vidéo de Sabrina Ratté, Chute ou autoportrait de Diane Landry, une installation sculpturale de James Carl, une création en direct de l’artiste new-yorkais David Kramer et un déploiement d’œuvres de Daniel Barrow.

PHOTO FOURNIE PAR LA FOIRE PAPIER

Détail de The Descent, 2018, faisant partie du projet spécial présenté cette année par l’artiste Daniel Barrow à la foire Papier. Une relecture queer de la nature morte traditionnelle.

La galerie Feheley Fine Arts de Toronto présentera le résultat d’une collaboration entre l’artiste québécoise Lyne Bastien et trois artistes femmes inuites, Passa Mangiuk, Qumaq Iyaituk et Mary Paningajak : des plaques gravées inspirées de formes, d’objets, d’artefacts ou de symboles de la culture inuite.

Collaboration avec la Fondation Laurent Duvernay-Tardif

La foire comprendra 13 tables rondes (notamment sur l’art public, l’appropriation artistique et le rôle d’Instagram), 7 visites guidées et des ateliers, notamment un destiné à des enfants de 7 à 12 ans, une collaboration avec la Fondation Laurent Duvernay-Tardif.

Passionné par l’art, la médecine et le football américain, le joueur des Chiefs de Kansas City veut inciter les jeunes à combiner art et sport dans leur vie. Dans le cadre de cet atelier animé par l’artiste Mathieu Cardin, les enfants pourront se familiariser avec des installations en trompe-l’œil sur le thème du vrai et du faux.

Consultez le site de Papier: papiermontreal.com