Aujourd’hui est lancée la quatrième présentation de The Wrong, la plus grande biennale internationale d’art numérique en ligne. Pour le Québec, l’artiste et commissaire Pierre Chaumont a créé un pavillon virtuel, le Particule Pavilion, qui présente les œuvres de 11 artistes visuels d’ici et d’ailleurs.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

The Wrong, c’est plus de 2000 artistes visuels du monde entier qui voient leurs œuvres numériques mises en ligne dès aujourd’hui et jusqu’au 1er mars. Des artistes sélectionnés par 180 commissaires bénévoles et provenant d’une centaine d’endroits disséminés sur les cinq continents. 

The Wrong a été créée en 2013 par David Quiles Guilló, artiste et commissaire espagnol, mais aussi homme d’affaires, as du marketing et publicitaire. Son but était de promouvoir l’art numérique et sa diversité à la plus large audience possible. Son idée fonctionne puisque The Wrong revient pour la quatrième fois. 

Les commissaires choisis par The Wrong doivent créer des pavillons, comme à la Biennale de Venise, mais virtuels ! Ils doivent sélectionner au moins 10 artistes. Ils peuvent également ouvrir une « ambassade » s’ils présentent les œuvres de « leurs » artistes dans leur ville de résidence. 

Contributions variées

The Wrong diffuse les œuvres d’artistes émergents et plus expérimentés. David Quiles Guilló a souhaité créer un événement ouvert au plus grand nombre. Les contributions sont donc variées, d’un pavillon à l’autre. 

« Certains pavillons sont très cohérents sur le plan de la proposition thématique ou de la réflexion, tandis que d’autres le sont un peu moins, dit Gina Cortopassi, coordonnatrice à NT2, le Laboratoire de recherche de l’UQAM sur les œuvres hypermédiatiques, et commissaire à la troisième présentation de The Wrong. Certains pavillons mettent de l’avant de la spatialisation tridimensionnelle, qui donne l’impression d’être dans un vrai pavillon. D’autres vont plus jouer sur l’esthétique. » 

Pavillon du Québec

Le pavillon québécois, le seul créé au Canada, a été dessiné et mis en espace par Pierre Chaumont, qui a participé, en tant qu’artiste, à la troisième présentation de The Wrong.

PHOTO FOURNIE PAR THE WRONG

Pierre Chaumont, artiste et commissaire montréalais du pavillon québécois Particule Pavilion, dans le cadre de The Wrong 2019, biennale internationale d’art numérique en ligne

Comme personne ne représentait le Québec cette année, j’ai contacté David et monté un dossier pour lui proposer de créer un pavillon ici. Je trouvais important de mettre des artistes du Québec en lien avec d’autres artistes de l’international.

Pierre Chaumont

Pierre Chaumont a choisi 11 artistes, dont 6 du Québec. Il a choisi d’intituler le pavillon québécois Particule Pavilion. « Je l’ai nommé ainsi pour permettre aux artistes de présenter des œuvres diversifiées, qu’elles soient personnelles ou scientifiques. La particule est cette idée que chaque pratique est unique et qu’on les met ensemble pour donner une vision plus large de ce qui se fait aujourd’hui en art numérique. »

En ligne jusqu’au 1er mars

Quelques œuvres du Particule Pavilion

An Inverted System to Feel (your shared agenda) (2016), de Marie-Eve Levasseur

Ayant exposé à la galerie Art Mûr de Berlin l’an dernier, l’artiste visuelle Marie-Eve Levasseur est établie à Leipzig depuis quelques années. Pierre Chaumont a retenu d’elle une vidéo d’animation 3D datant de 2016 qui s’intéresse aux questions de surfaces (de peau), de mémoire et de prothèse.

Perspectives, de Pier-Anne Mercier Tremblay

PHOTO DE L’ARTISTE, FOURNIE PAR PARTICULE PAVILION

Amibe, 2019, Pier-Anne Mercier Tremblay, 2750 x 1754 px

Issue de l’univers de la sculpture et de l’ébénisterie et diplômée de Concordia, cette artiste originaire de Rivière-du-Loup est fascinée par les questions d’espace et les pratiques de construction à partir de la dimension 3D.

Elle crée des installations (notamment avec David Bellemare), mais aussi des modélisations d’objets.

Particle Parasites, de Flora Weil

Artiste londonienne retenue à la suite de l’appel à projets, Flora Weil a créé une vidéo fascinante sur une planète Terre post-règlement des conséquences des changements climatiques. Un travail cyberpunk sur l’éthique, qui ne manque ni d’humour ni de sérieux…

Corruption Galatian (2019), de Miloš Peškir 

L’artiste serbe a réalisé cette vidéo sonore, brillante et colorée qui traite de la distorsion des images, de la fragilité du matériel numérique et de notre nécessaire adaptation à cette réalité d’une vie humaine étroitement liée au numérique.

Monument Mou, de Philippe Internoscia

Animation 3D réalisée au cours de sa résidence au centre d’art Daïmôn, à Gatineau, Monument mou utilise l’architecture néo-classique et néo-gothique représentée en objets mous et poilus qui s’entrechoquent dans un espace clos virtuel. Avec cette œuvre évoquant le désir, il donne aux objets animés « une vie indéniable, car ne pouvant exister sous d’autres formes ».