(Montréal) Tous les artistes rêvent de voir leur art voyager et être vu par des millions de personnes.

Caroline St-Pierre
La Presse canadienne

Pour la Québécoise Fanny Rice, ce rêve se réalisera sous une forme bien particulière, puisque l’une de ses œuvres ornera les étiquettes d’un vin vendu dans 30 pays à travers le monde.

L’artiste peintre qui réside à Chambly vit de son art depuis maintenant sept ans. Ses ventes se font principalement grâce aux réseaux sociaux, plus particulièrement par le biais de… LinkedIn !

« Au départ, je me disais que ce n’était pas un réseau social pour vendre quelque chose. En fait, c’est un réseau social pour échanger des contacts et tout ça, mais c’est sûr que les entreprises commencent à vendre leurs services là-dessus », a-t-elle expliqué.

Elle s’est rapidement rendue compte que plusieurs utilisateurs de la plateforme de réseautage s’inscrivaient justement dans sa clientèle cible, soit les professionnels d’environ 40 ans et plus.

« Quand je partage des photos (sur le site), ça m’amène directement des ventes », a-t-elle assuré.

Fanny Rice décrit son art comme étant « moderne » et « fluide », qui s’inspire de voyages, de vues océaniques, mais aussi de paysages un peu inexplorés où on a l’impression d’être la première personne à mettre le pied.

C’est cette façon de transformer la nature en art abstrait qui a séduit une agence d’importation de vins, qui avait reçu le mandat de trouver un artiste québécois pour illustrer l’étiquette du vin Quattro, qui célèbre son 25e anniversaire. Pourquoi le Québec, particulièrement ?

« Parce que le marché québécois, c’est le plus gros marché du vin Quattro au monde », explique Fanny Rice.

Après avoir été choisie, l’artiste québécoise a pu aller visiter le vignoble Montgras, au Chili, et admet avoir reçu une documentation « assez exhaustive », contenant les exigences de l’entreprise pour l’étiquette.

« Je devais respecter le nombre de couleurs, le choix des couleurs… C’est sûr qu’ils me donnaient un peu une liberté au niveau des teintes, mais à l’intérieur des couleurs, je devais mettre des couleurs chaudes pour représenter le vin », raconte-t-elle.

Habituée de se laisser aller sans contrainte lorsqu’elle pratique son art, Fanny Rice a perçu la commande comme un défi intéressant. Elle s’est finalement inspirée de la vallée de Colchagua, où sont principalement situées les vignes de Montgras.

L’amoureuse des voyages est maintenant prête à laisser sa propre œuvre voyager, puisque son étiquette se retrouve sur plus de 500 000 bouteilles, envoyées dans des marchés complètement différents, en Europe, en Asie comme en Amérique.

« Habituellement, c’est moi qui voyage pour m’inspirer des paysages, puis après je ramène ça chez moi, dans mon atelier. Là je crée une œuvre, puis après mon œuvre revoyage par la suite. Mais je trouvais ça vraiment intéressant que mon art voyage d’une différente façon », affirme-t-elle.

« C’est vraiment une belle plateforme pour faire connaître mon art à plusieurs gens. »