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Jeremy Shaw: plongée dans la future conscience

Liminals, oeuvre vidéo que l'artiste canadien Jeremy Shaw a lancée à la Biennale de Venise l'an dernier, est projetée jusqu'au 24 mars au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Une narration dystopique qui traite de transcendance et d'avenir de l'humanité...

Fasciné par les hypothèses sur les sociétés de l'avenir, Jeremy Shaw aime combiner avancées scientifiques et fiction pour suggérer des réflexions sur la condition humaine. Quantification Trilogy est un travail de science-fiction sur la transcendance qu'il a développé en trois volets, dont le deuxième est projeté au MBAM.

Sorti en 2014, le premier volet s'intitulait Quickeners. Il évoquait une communauté humaine des années 2500 en utilisant des images, datant des années 60, de pentecôtistes de Virginie-Occidentale qui manipulaient des serpents venimeux afin de mettre leur foi à l'épreuve.

Les personnages étaient présentés comme des «humains quantum», une nouvelle espèce humaine au cerveau connecté (sans fil) en permanence à un réseau virtuel de type internet baptisé The Hive (La Ruche) et qui leur fournit «la connaissance infinie».

Liminals est ainsi le deuxième chapitre de cette saga fantastique. Pour ce volet, l'artiste a tourné les images dans un studio de danse de Berlin, sa ville d'adoption. Des images qui donnent cette fois l'impression de nous retrouver dans les années 70. Pourtant, l'action se déroule dans les années 2120.

Extinction de la race humaine

Les personnages sont encore des humains, mais ils sont en danger, car ils ont cessé de croire en quelque chose. La vidéo de 20 minutes est présentée comme un documentaire sur cette communauté de l'avenir. On y voit sept personnes danser et réaliser des rituels dans le but d'atteindre un niveau de conscience et une spiritualité qui permettront, selon eux, d'empêcher l'extinction de la race humaine.

Leur voeu est d'intégrer un espace «liminal», entre le saisissable et l'insaisissable. Un espace que Shaw tente de décrire à la fin du film, un moment qui est à la limite de l'hallucinatoire!

«Je m'intéresse aux états de conscience modifiés. Qu'ils découlent de phénomènes culturels ou religieux, d'une méditation, de drogues ou de danses extatiques. De différentes façons, des gens choisissent de transcender le présent.»

«En même temps, je m'intéresse à la façon dont la science essaie de comprendre ces états de conscience et à la façon dont le cerveau fonctionne», précise Jeremy Shaw en entrevue à Montréal.

Jeremy Shaw lance des pistes de réflexion sur la condition humaine, sur les liens entre réalité et rêve, entre pragmatisme et dévotion. «Mais je n'ai pas d'objectifs clairs en créant cette vidéo, précise-t-il. C'est plus le plaisir de créer avec des choses que j'aime et sur lesquelles je m'interroge.»

Format sonore

Le principal aspect irritant de Liminals concerne son écoute. À cause de l'utilisation d'un format sonore réglé pour avoir l'air d'un reportage télé des années 60 tourné en 16 mm et du commentaire vieillot d'un pseudo-présentateur britannique, on a parfois du mal à comprendre le propos. C'est voulu pour donner l'impression que la scène se déroule bien loin de notre présent. Mais un sous-titrage - à tout le moins en anglais - aurait été bienvenu. Il y a d'ailleurs un bref sous-titrage dans le film quand les danseurs parlent de leur expérience dans une langue du futur incompréhensible que Shaw a créée en changeant la vitesse de diffusion.

Le troisième volet de Quantification Trilogy, I Can See Forever, a été lancé en mai en Allemagne. Avec un format d'enregistrement de type VHS, le film a l'air de se dérouler dans les années 90, mais l'action a lieu en 2050. Les trois volets de la trilogie ont été présentés en septembre dernier à la Tate Modern de Londres et au Vancouver International Film Festival. Ils seront montrés à l'Esker Foundation de Calgary, du 26 janvier au 12 mai prochains.

Quant à Jeremy Shaw, il travaille actuellement sur une oeuvre monumentale, plus immersive et plus sculpturale, programmée pour 2020. Où et quoi? On n'en saura pas plus, si ce n'est qu'il n'a pas envie pour l'instant de toucher à la réalité virtuelle. «Je veux que le spectateur soit surpris et ouvert, et non contrôlé par la technologie. Je préfère pour l'instant les vieilles formes de transmission!», dit l'artiste de 41 ans qui a commencé son parcours artistique en dessinant des graffitis dans les rues de Vancouver...

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Liminals, de Jeremy Shaw, au Musée des beaux-arts de Montréal.




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