L'artiste et militant chinois Ai Weiwei compte retirer ses oeuvres exposées dans deux musées du Danemark pour contester une nouvelle loi qui permet aux autorités de saisir les objets de valeur des migrants.

M. Ai a annoncé sur les médias sociaux, mercredi, qu'il ne voulait plus que son travail soit présenté au musée Aros, à Aarhus, et à la fondation Faurschou, à Copenhague.

La curatrice de la fondation Faurschou, Jennie Haagemann, a dit à l'Associated Press que l'artiste avait appelé le propriétaire pour l'informer de sa décision.

L'établissement avait prévu prolonger la populaire exposition de l'artiste jusqu'au mois d'avril, mais le propriétaire y a mis fin immédiatement et il respecte le choix de l'artiste, a indiqué Mme Haagemann.

Les représentants du musée Aros ont affirmé qu'ils ne savaient rien de plus que les informations partagées par M. Ai sur Twitter et Instagram. Ses oeuvres faisaient partie de l'exposition sur des artistes chinois contemporains.

Le directeur du musée Erlend Hoeyersten a dit qu'il «respectait grandement» les critiques de l'artiste quant aux politiques danoises sur l'immigration. Il estime toutefois qu'il est «déraisonnable» que tout le monde soit puni par les décisions du gouvernement.

Les députés danois ont adopté mardi une nouvelle loi autorisant les policiers à saisir des objets de valeur évalués à plus de 10 000 couronnes (1500 $ US) aux demandeurs d'asile pour couvrir leurs frais d'hébergement et de nourriture pendant que leurs dossiers sont examinés.

Selon les nouvelles mesures, les familles de migrants doivent également attendre trois ans - plutôt qu'un - avant de pouvoir rejoindre leurs proches au Danemark.

Les militants pour les droits de la personne jugent que cette loi est dégradante pour les gens qui ont dû fuir leur pays en raison de la guerre ou de la pauvreté.

Le gouvernement argue que des mesures similaires s'appliquent déjà aux Danois, qui doivent vendre leurs biens d'une valeur de plus de 10 000 couronnes avant de recevoir des prestations sociales.