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Spriggs et Lachapelle chez Art mûr: saillies de désenchantés

Il faut patiemment tourner autour de chaque oeuvre... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Il faut patiemment tourner autour de chaque oeuvre de Transparency Report pour repérer tous les objets que David Spriggs (notre photo) a voulu représenter.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

La galerie Art mûr expose jusqu'au 26 avril les dernières oeuvres de David Spriggs et Guillaume Lachapelle, deux artistes contemporains innovants qui s'expriment en jouant avec les reliefs et les effets d'optique. Leur objectif: mettre en saillie la déshumanisation du monde.

Avec Transparency Report, on retrouve avec bonheur la patte si particulière de David Spriggs, avec ses plaques de verre trempé qu'il grave et insère dans des vitrines de plexiglas pour donner naissance à des illusions en 3D. Il s'intéresse cette fois-ci aux rayons X utilisés systématiquement par les autorités douanières dans les aéroports pour avoir un aperçu du contenu de nos bagages sans avoir à les ouvrir.

Les quatre oeuvres présentées chez Art mûr s'intitulent Profile Type (A, B, C et D). Elles représentent une mallette d'homme d'affaires, une sacoche de femme, un sac à dos et un étui à violon passés aux rayons X. Chaque oeuvre est constituée de neuf feuilles de verre de couleur vert pâle gravées de telle sorte qu'elles nous permettent de distinguer ce qu'il y «aurait» à l'intérieur de ce bagage virtuel.

Par exemple, dans la mallette, David Spriggs a gravé une montre, des pièces de monnaie, une paire de chaussures (une de face, l'autre de côté), une paire de lunettes, un appareil photo (dont il a même gravé les numéros de série), des stylos, des écouteurs, un calepin, un trousseau de clés, une trousse de toilette, un passeport britannique et même un petit trombone.

Il faut donc patiemment tourner autour de chaque oeuvre pour repérer tous les objets que David Spriggs a voulu représenter. On imagine le temps que cela a dû prendre pour créer un tel rendu d'objets en une perspective multicouches.

Ironique et séduisante démarche que celle de Spriggs, tout en transparence pour évoquer celle que les pouvoirs publics réclament des citoyens par rapport à leur vie, leur identité et leurs biens au nom d'une supposée sécurité de la multitude. Une intrusion évoquée esthétiquement.

Visions dans le noir

Un désenchantement similaire règne à l'étage supérieur de la galerie avec Visions de Guillaume Lachapelle. La salle est plongée dans le noir, laissant quelques points de lumière là où l'artiste a incrusté dans la cimaise quelques-unes des oeuvres créées depuis deux ans. Des oeuvres avec une mise en scène comparable, mais un peu plus complexe que celle élaborée au même endroit il y a trois ans.

Pour la première oeuvre, Dernier étage, placée en face de l'entrée de la salle, le visiteur doit regarder à travers une ouverture en forme de fenêtre. Il aperçoit alors un mobilier de bureau miniature et d'un blanc immaculé (avec chaise, ordinateur et meuble) se répétant à l'infini grâce à un savant jeu de miroirs. On a l'impression de voir une immense aire de travail ouverte éclairée par une infinité de plafonniers.

Ce mobilier de nylon est créé par Guillaume Lachapelle grâce à une modélisation numérique suivie d'une impression en 3D comme pour ses précédentes sculptures miniatures.

On retrouve le même procédé pour sa deuxième installation, Nuit étoilée, où le mobilier est remplacé par un lampadaire dont l'image est reflétée à l'infini. Pour son oeuvre Métro, le jeu de miroirs est appliqué à une maquette d'intérieur de wagon de métro. Dans ce cas-ci, l'effet est d'autant plus impressionnant qu'on peut voir l'intérieur du wagon se reproduire... des deux côtés de celui-ci, grâce à un vitrage qui dissimule l'effet miroir.

Comme lors de la dernière exposition de Guillaume Lachapelle, aucun être humain n'apparaît dans ses mises en scène d'architecture urbaine. Mais si son Carrousel de 2010 nous interrogeait sur l'exploitation des faibles, Visions n'a pas la même force d'évocation. L'artiste semble nous souffler que, faute de dessein ambitieux, l'homme s'est un peu perdu dans la superficialité de sa pensée. Mais comme pour Spriggs, l'esthétique prend toute la place.

Parallèlement à Transparency Report, on peut également découvrir chez Art mûr les étranges atmosphères des photographies d'Holly King, les installations truculentes du collectif Pierre & Marie, quelques oeuvres de Claude Tousignant et La ville en mouvement, une critique de l'environnement urbain montréalais du regretté Melvin Charney (1935-2012).

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À la galerie Art mûr (5826, rue Saint-Hubert), jusqu'au 26 avril.




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