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Le Québec rend hommage au peintre Fernand Leduc

Le ministre Kotto (à droite) avait dit à La... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Le ministre Kotto (à droite) avait dit à La Presse qu'il gardait de Fernand Leduc le souvenir de quelqu'un doté «d'une grande sagesse et d'une grande simplicité, ce qui est la marque des grands.»

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Un hommage officiel du Québec a été rendu, ce jeudi soir à Montréal, au peintre Fernand Leduc décédé dans la nuit du 27 janvier dernier à l'âge de 97 ans, avec des témoignages de la famille du «prince de la lumière», de ses amis, de ses collègues et du ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto.

Le drapeau du Québec avait été mis en berne, ce jeudi, sur le bâtiment de l'Assemblée nationale, à Québec, pour honorer la mémoire du grand peintre québécois. Ils ont aussi été quelque 200 membres de sa famille artistique à se réunir dans l'édifice Jean-Pierre-Perreault, à Montréal, avec les proches de Fernand Leduc afin de souligner solennellement le départ du signataire du manifeste du Refus global qui a marqué la peinture canadienne et internationale du 20e siècle.

Les témoignages se sont succédés pour relever l'importance de son oeuvre tout comme la grandeur de l'homme. Avant la cérémonie animée par l'historien de l'art John R. Porter, le ministre Kotto avait dit à La Presse qu'il gardait de Fernand Leduc le souvenir de quelqu'un doté «d'une grande sagesse et d'une grande simplicité, ce qui est la marque des grands.» Au micro, après avoir offert les condoléances de la Première ministre Pauline Marois et celles du gouvernement et des députés, le ministre a salué «l'une des figures marquantes» de la province. «Il a fait entrer le Québec dans la modernité», a-t-il lancé.

«Personne mieux que Fernand Leduc, selon moi, n'aura su exposer avec une telle simplicité et clairvoyance la situation pourtant complexe de l'art de ce temps, a dit de son côté le professeur Gilles Lapointe, du département d'histoire de l'art de l'UQAM. Pour lui, l'art abstrait était une langue puissante, sans limites et universelle.»

Line Ouellet, la directrice générale du Musée national des beaux-arts du Québec, a déclaré que cet «intellectuel accompli» avait été une source d'inspiration pour elle. Elle a raconté les mots qu'il lui avait dits en janvier dernier alors qu'il était à l'hôpital. «Je suis bien. Oui, je suis bien. Même quand on n'a plus rien, il y a l'amour.»

Dans le même esprit, la commissaire et professeure Anne-Marie Ninacs, a livré un bel hommage qu'elle a ainsi conclu: «Son rayonnement fait désormais partie de moi, Fernand je vous porte dans mon coeur.»

La chanteuse Diane Dufresne, qui s'est mariée en 1995 à Casano, en Italie, amenée à l'autel au bras de Fernand Leduc, a cité Felix Leclerc dans son discours: «la mort, c'est plein de vie dedans.» D'ailleurs, avant la cérémonie, l'artiste Yvon Cozic avait soulevé la foi en la vie qui animait le peintre décédé. «On sentait qu'il était habité spirituellement, a dit Yvon Cozic. D'où sa recherche sur la lumière. Il croyait en la peinture, en ce qu'elle pouvait traduire. C'est un peintre historique.»

Sculpteure et photographe, Jocelyne Alloucherie a été honorée que Fernand Leduc se soit intéressé à son travail. «Son oeuvre ne m'a pas directement inspirée mais son attitude, oui, dit-elle. Il était entièrement dédié à son oeuvre.»

L'artiste Jennifer Alleyn l'avait rencontré il y a deux ans dans le cadre d'un projet de tournage sur le thème de la grâce. «Il semblait lui-même porté par une grâce, a-t-elle estimé. J'espère qu'il a rejoint cette lumière que je trouvais chez lui très paisible.»

La chorégraphe Jeanne Renaud, belle-soeur de Fernand Leduc, a raconté que le peintre faisait encore plusieurs longueurs de piscine à l'âge de 94 ans et s'est remémoré des souvenirs de l'époque où il habitait à Paris avec sa soeur, la poète Thérèse Renaud. Son gendre, le critique d'art René Viau, s'est lui souvenu de l'époque où Fernand Leduc peignait toute la journée dans la belle lumière de la région de Casano. Mais c'est le petit-fils du peintre, Lucas Viau, qui a rendu l'hommage le plus émouvant en lisant un extrait d'une prière indienne.

«N'allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas là. Je ne dors pas (...)Je suis le scintillement des cristaux de neige. Je suis la lumière qui traverse les champs de blé (...) je suis l'étoile qui brille dans la nuit. N'allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas là. Je ne suis pas mort.»

Bien vivante, l'oeuvre de Fernand Leduc sera honorée au côté de celles de Jean Paul Lemieux, Alfred Pellan et Jean-Paul Riopelle, la semaine prochaine au Musée national des beaux-arts du Québec où quatre salles consacrées à ces figures de l'art moderne seront inaugurées au sein du pavillon Charles-Baillairgé, sur les plaines d'Abraham, à Québec.




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