Le parquet roumain a requis mardi la peine maximum assortie d'une majoration pour «vol aggravé» contre le principal suspect d'un spectaculaire vol de tableaux aux Pays-Bas, a constaté une journaliste de l'AFP.

Publié le 19 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Radu Dogaru, 29 ans, a reconnu être entré par effraction avec un complice dans la nuit du 15 au 16 octobre 2012 dans le musée Kunsthal de Rotterdam où il a volé sept tableaux de maître, dont un Picasso et deux Monet.

Selon son avocat Catalin Dancu, il risque une peine maximale de 18 ans, compte-tenu d'une remise d'un tiers de sa peine pour avoir plaidé coupable.

Me Dancu a toutefois déclaré aux journalistes qu'il attendait un «verdict équilibré», soit sept ans de prison.

Le jugement sera rendu le 26 novembre.

Me Dancu a plaidé pour que son client bénéficie de circonstances atténuantes, accusant le musée de ne pas avoir protégé les oeuvres d'art exposées et assurant que «personne n'avait démontré quelle était la valeur réelle des tableaux».

«Que ferez-vous si un jour on prouve que les tableaux étaient des faux?», a-t-il demandé au juge, sa stratégie consistant à relativiser la gravité du vol.

Au total six Roumains sont jugés pour ce vol. Le principal complice de Radu Dogaru, Adrian Procop, est en fuite et jugé par contumace.

Le sort des tableaux demeure toujours inconnu, la mère de Radu Dogaru, Olga, elle-même inculpée, ayant affirmé les avoir brûlés, avant de se rétracter.

L'éventuelle destruction des peintures par le feu fera l'objet d'un procès à part.

Il avait fallu moins de trois minutes à Radu Dogaru et Adrian Procop pour s'emparer de sept toiles de maîtres, ont raconté les enquêteurs.

Ils s'étaient saisi des tableaux les plus proches de la porte par laquelle ils étaient entrés. La taille des toiles, suffisamment petites pour qu'elles entrent dans des sacs en raphia préparés à l'avance, avait aussi été un des principaux critères retenus dans leur choix.

Parmi les oeuvres emportées figurent une Tête d'Arlequin de Pablo Picasso, le Waterloo Bridge et le Charing Cross Bridge de Londres de Claude Monet et Femme devant une fenêtre ouverte, dite la fiancée, de Paul Gauguin.

Malgré leur valeur, estimée à 18 millions d'euros, «aucun des tableaux volés n'était doté d'une alarme», indique un procès-verbal des autorités néerlandaises.