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Steve McCurry révèle l'histoire de l'Afghane aux yeux verts

La plus emblématique de Steve McCurry reste celle...

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La plus emblématique de Steve McCurry reste celle de cette adolescente afghane au regard vert perçant, prise en 1984 dans un camp de réfugiés du nord-ouest du pays alors sous occupation soviétique.

Helen Rowe
Agence France-Presse
Paris

«Rien n'est pire» que la timidité, lance le photographe Steve McCurry, auteur du célèbre portrait de la jeune afghane à l'incroyable regard vert publié en 1985, en racontant l'histoire de ce cliché et de ses reportages à travers le monde.

De passage à Paris à l'occasion de la sortie de son livre Inédit (Phaidon), le photographe américain évoque la chance mais aussi le risque du reporter en situation, après 30 années à parcourir le monde avec une prédilection pour l'Afghanistan, l'Inde, mais aussi le Sri Lanka et le Tibet.

«Je préfère prendre un risque plutôt que ne pas le prendre, après je me pose la question de savoir si j'aurai dû. Je pense que rien n'est pire que d'être timide», déclare McCurry dans un entretien à l'AFP.

Son livre détaille l'histoire de 14 ses reportages les plus célèbres, des guerres à l'Inde en train en passant par les attentats du 11 septembre et le Tibet. Autant d'histoires photographiques illustrées de multiples documents, notes manuscrites, lettres de témoignages, recommandations ou plus prosaïquement de billets de trains et autres souvenirs éphémères.

«C'était en fait comme un travail d'archéologue à travers des strates de documents, des piles de choses accumulées depuis des années ou des décennies», explique-t-il. «Des documents et des images qui n'étaient pas dans les reportages publiés, qui n'ont jamais été montrées mais qui constituent des morceaux du puzzle», ajoute le photographe de 63 ans, membre de la prestigieuse agence Magnum.

Parmi les 500 photos de l'imposant ouvrage, il raconte en souriant celle de ces deux serveurs en tenue immaculée, se passant un plateau de thé par les portières extérieures d'un train qui traverse à vive allure le Pakistan. «Je me suis penché par la fenêtre du train en demandant à un passager de me tenir les jambes, je me disais que ça allait mal finir».

Mais sa photo la plus emblématique reste celle de cette adolescente afghane au regard vert perçant, prise en 1984 dans un camp de réfugiés du nord-ouest du pays alors sous occupation soviétique.

L'icône retrouvée 17 ans après

On apprendra plus tard qu'elle s'appelait Sharbat Gula et qu'il avait remarqué son regard en photographiant l'école du camp.

«L'espace de quelques secondes, tout était parfait, la lumière, l'arrière-plan et l'expression de ses yeux», se rappelle McCurry dans son livre. L'image n'est pas retenue tout de suite pour la Une de National Geographic: c'est Bill Garett, l'éditeur du magazine, qui la choisit parmi les photos initialement rejetées pour la couverture de ce numéro de juin 1985.

L'image devient alors la plus connue du célèbre mensuel américain qui publie aujourd'hui trente éditions étrangères lues par quarante millions de personnes. Dix-sept ans plus tard McCurry décide de retrouver la jeune fille et retourne avec une équipe de télévision en Afghanistan, en janvier 2002, quelques semaines après le début de l'intervention internationale.

Elle sera retrouvée, non sans mal, devenu mère trentenaire au visage marqué sous la burqa. McCurry pourra la photographier à nouveau, lui expliquer à quel point son portrait est devenu iconique et exprimer sa gratitude.

Ni elle, ni sa famille ne demandent d'argent. Pourtant McCurry et la National Geographic Society leur donneront de quoi financer un pèlerinage à La Mecque, un traitement médical d'urgence à son mari et ses trois enfants et pour elle, à sa demande... une machine à coudre pour sa fille.

Pour McCurry, rencontrer des gens dans une telle détresse et repartir sans soulager leur souffrance, ni pouvoir les aider matériellement, mériterait de faire réfléchir les reporters.

«C'est un sentiment terrible qui vous affecte profondément», dit-il. «Certes, savoir ce qui arrive à travers le monde passe par les gens qui rapportent les faits... Je pense simplement qu'on doit se poser la question de savoir comment apporter sa pierre? Moi, ma façon de contribuer, c'est par la photographie qui peut sensibiliser les gens à l'information».




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