En hiver, le dramaturge Michel Tremblay peint des aquarelles presque tous les jours. Il le fait pour se changer les idées, certes, mais aussi pour soutenir des causes qui lui tiennent à coeur.

Mis à jour le 16 mai 2011
Catherine Handfield LA PRESSE

Pour la septième fois depuis 1998, les aquarelles de l'auteur des Belles-Soeurs ont été vendues aux enchères, hier à Montréal. Cette année, Michel Tremblay a fait don de 350 oeuvres au Groupe de recherche et d'intervention sociale (GRIS-Montréal), organisme dont la mission est de démystifier l'homosexualité et la bisexualité en milieu scolaire. L'événement tombait à point, puisqu'il a eu lieu deux jours avant la Journée internationale contre l'homophobie.

À 14h, on faisait la file devant l'édifice rue Ontario Est, à Montréal. À l'intérieur, les gens regardaient les oeuvres à prix fixe (40$ à 230$) sur les tables. D'autres faisaient le tour de l'exposition de la cinquantaine d'aquarelles qui allaient être vendues au cours de l'encan public en soirée.

«Cette année, j'ai peint presque tous les jours», a souligné Michel Tremblay. La grande majorité des 350 oeuvres ont été peintes au cours des 3 dernières années à Key West, au sud-ouest de la Floride, où l'artiste passe ses hivers depuis 20 ans. Quelques aquarelles ont été réalisées au chalet de son ami et pianiste André Gagnon, à Entrelacs, dans les Laurentides.

Peindre permet à Michel Tremblay de se reposer un peu entre les séances d'écriture. «En fait, c'est la seule chose qui me fait sortir de mon écriture», a-t-il confié.

Une demande croissante

L'événement d'hier a permis au GRIS-Montréal d'amasser 67 000$. Grâce à cette somme, l'organisme pourra organiser des activités pour recruter des bénévoles afin de répondre à la demande croissante dans les écoles.

L'an dernier, les bénévoles de GRIS-Montréal ont fait 988 interventions. Cette année, ils devraient en faire 1200, dont une trentaine dans les écoles primaires.

Michel Tremblay salue leur travail. «Il y a 60 ans, on n'en parlait pas du tout dans les écoles, a-t-il souligné. C'est comme si ça n'existait pas.»

Les mentalités changement tranquillement, mais les préjugés sont toujours présents, selon Marie Houzeau, directrice générale du GRIS-Montréal. «Être différent, quand on est adolescent, n'est jamais simple, a-t-elle rappelé. Et parmi toutes les différences, celle de l'orientation sexuelle est encore peut-être la plus difficile.»

Les élèves gais et lesbiennes font en moyenne six fois plus de tentatives de suicide que leurs confrères hétérosexuels, selon une étude américaine parue en avril dans le journal Pediatrics.