Environ 130 artistes et écrivains internationaux se sont engagés, jeudi, à boycotter le musée Guggenheim qui est présentement en construction à Abu Dhabi, à moins que les autorités n'en fassent davantage pour protéger les travailleurs sur le site.

Publié le 17 mars 2011
ASSOCIATED PRESS

Les signataires de la déclaration transmise par l'entremise du groupe Human Rights Watch (HRW) protestent contre l'exploitation des travailleurs migrants étrangers.

Ils demandent aux autorités de rembourser les frais de recrutement que pourraient avoir à débourser les travailleurs et d'embaucher un observateur indépendant «qui rendra publiques ses conclusions sur les conditions de travail sur le site».

La nouvelle succursale du musée doit être érigée sur l'île de Saadiyat par des travailleurs migrants étrangers.

Dans un rapport publié en 2009, le groupe HRW avait décrit qu'il régnait à cet endroit «un cycle d'abus (...) qui laisse les travailleurs migrants lourdement endettés» et «dans l'impossibilité de défendre leurs droits».

Chacun des 94 travailleurs interrogés dans le cadre de cette enquête avait indiqué avoir payé des frais de recrutement allant de 1800 $US à 4100 $US avant d'être embauché.

Les artistes ont annoncé qu'ils n'avaient pas l'intention d'exposer leurs oeuvres «dans un musée construit par des travailleurs victimes d'abus», a expliqué la directrice de la division Moyen-Orient de HRW, Sarah Leah.

«Si le Guggenheim et la TDIC (Société d'investissement et de développement touristique) ne tiennent pas compte des préoccupations des artistes, le musée risque d'être plus célèbre pour mettre en avant les violations du droit du travail que de l'art», a-t-elle prévenu.