Non, Johnny Depp et les autres pirates des Caraïbes ne débarqueront pas à Pointe-à-Callière, mais l'exposition du musée d'archéologie et d'histoire de Montréal se veut l'un des événements familiaux de l'été.

Mario Cloutier LA PRESSE

La présentation Pirates, corsaires et flibustiers s'articule autour d'un impressionnant bateau qui a été monté dans la salle d'exposition recelant plus de 160 objets allant des sextants aux épées, outils, écuelles et quelques pièces de trésor.  

L'exposition possède suffisamment de bornes interactives pour occuper les plus petits pendant que les plus grands pourront démythifier la vie de pirate qui n'avait rien d'un film d'aventures.

 

En effet, la moyenne d'âge des brigands des mers était de 28 ans et leur espérance de vie, de tout au plus un an. D'ailleurs, ils mourraient beaucoup plus de maladies et de la faim que lors des combats.

 

«C'est un phénomène particulier, estime la directrice de Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre. Le sujet des pirates allume le regard des visiteurs, mais c'était une vie horrible.»

 

D'abord, il faut préciser les choses. Les pirates étaient des hors-la-loi qui volaient n'importe qui, n'importe quand, comme le font certains encore de nos jours au large de la Somalie ou de certains pays asiatiques, tandis que les corsaires étaient à l'emploi d'un roi ou d'un gouvernement, auquel ils versaient 10% de leur butin, et attaquaient des bateaux ennemis en temps de guerre. C'était le cas du plus célèbre Québécois du genre, Pierre Le Moyne d'Iberville.

 

«À lui seul, il a arraisonné 36 vaisseaux anglais en 1695. Il avait commencé sa carrière de mousse à l'âge de 12 ans. Mais les corsaires étaient aussi un peu pirates parfois», explique Mme Lelièvre.

 

Personnages célèbres

La majorité des pirates et des flibustiers étaient originaires de pays comme la France, l'Espagne et la Grande-Bretagne. Plusieurs ont sévi lors du XVIe siècle. À bord de petits bateaux rapides, ils se lançaient à l'abordage de grandes embarcations remplies de l'or des Incas, des Aztèques ou encore d'esclaves africains.

 

Certains capitaines de navires-pirates se sont bâti des réputations terrifiantes et savaient entretenir leur propre mythe, comme c'était le cas de Barbe noire, William Kidd ou John Rackham, dit le Rouge.

 

L'exposition renferme enfin quelques trésors d'objets qui viennent du musée Stewart, mais d'aussi loin que de France et des États-Unis également. À voir, un livre de 1663 sur les plantes médicinales dont se servaient les ramancheurs pirates, un astrolabe du XVIe siècle, une superbe carte du Canada de 1689 et deux imposantes figures de proue.

 

Exceptionnellement, pour prévenir les contrecoups de la crise et de la diminution de touristes à Montréal, Pointe-à-Callière ne présentera pas de nouvelle exposition à l'automne. Pirates, corsaires et flibustiers s'étirera donc jusqu'en janvier 2010.

 

«Nous avons travaillé davantage la scénographie. Sans négliger l'histoire, c'est une exposition plus ludique et familiale. Même si on perd des touristes américains cet été, on pense recevoir plus de gens de l'Ontario et du Québec», dit Francine Lelièvre.

 

Pirates, corsaires et flibustiers, à Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, jusqu'au 3 janvier 2010.