La maison de la culture Marie-Uguay présente l'exposition Chemins de traverse, du peintre montréalais Michel Madore, qui vit en France depuis une trentaine d'années.

Mario Cloutier LA PRESSE

Le hasard a amené Michel Madore, natif de Ville-Émard, à s'installer en France en 1977. D'autres chemins de traverse l'ont poussé à vivre de la peinture et de la sculpture depuis 1988. Depuis, il a exposé ici, mais surtout ailleurs : Chine, France, Belgique, Allemagne, Hongrie, Bosnie et Corée.

 

L'artiste né en 1949 a cependant toujours porté le Québec en lui, même en Chine où il est allé présenter son travail l'an dernier. Les oeuvres qu'il expose à la maison de la culture Marie-Uguay s'inspirent des premiers poèmes d'Alain Grandbois, écrits dans les années 30 et parus d'abord en Chine sous le titre Poèmes de Hankéou.

«Les textes sont extrêmement inspirants et remuants. Il s'y trouve une très grande richesse. Ces phrases que j'utilise, c'est un peu comme des rencontres amoureuses «, explique-t-il.

Le peintre, qui a grandi tout près du canal de Lachine, a trouvé dans la Chine de Grandbois un courant qui l'a touché et qu'il a transposé sur du papier. . . chinois ! Une même longueur d'onde entre voyageurs.

Hommage à Grandbois

«Poursuivre ce compagnonnage en leur faisant écho par ce travail, c'était pour moi une manière de rendre hommage à Alain Grandbois», a-t-il écrit dans la présentation de l'exposition.

La poésie, et dans un sens plus large, l'écriture, sont au coeur de son acte créatif. Dans les dessins à l'encre de Chemins de traverse, les phrases de Grandbois ont été recopiées par la main du peintre, émotion comprise. La composition des tableaux est finalement équilibrée par des sceaux à l'encre rouge en caractères chinois.

Michel Madore, c'est la pureté de la ligne et la précision du verbe ébauchant l'imperfection humaine. Dans ses dessins, au diapason des poèmes de Grandbois, des portraits de figures calmes ou tourmentées se heurtent à la nature paisible et immuable. Le mortel et l'éternel.

«C'est la figure humaine qui m'intéresse, dit-il. Imbriqués avec le dessin, les mots sont comme des notes d'une partition musicale. Les choses se mettent en place et j'essaie de les faire chanter.»

Le peintre aime donc se colletailler avec le verbe. Il l'avait fait aussi avec des textes de Pierre Perrault, de Jean Royer et Claude Beausoleil. Mais il ne s'agit pas d'une recherche intellectuelle. Comme en sculpture, le processus créatif qu'il suit est totalement instinctif, sinon organique.

«C'est la main qui suit le pinceau, explique-t-il. Des choses se mettent en résonance entre le texte et la toile. Parfois, ça marche, parfois non. Mais j'essaie de travailler avec peu de moyens, techniquement parlant, et de trouver le maximumd'expression.»

Chemins de traverse de Michel Madore, à la maison de la culture Marie-Uguay jusqu'au 26 avril.