L'exposition Wim Delvoye. Cloaca No. 5 prend fin ce samedi à la Galerie de l'UQAM, de même que Olivia Boudreau. Pelages, qui a pris l'affiche en même temps à la mi-janvier au même endroit. Plus de 4000 visiteurs ont vu ces deux expositions depuis leur début le 16 janvier.

Mis à jour le 10 févr. 2009
LA PRESSE CANADIENNE

Cloaca No. 5, une machine-sculpture qui reproduit le système digestif humain, de la mastication à l'expulsion des déchets, surnommée «la machine à caca» par son auteur, a beaucoup fait parler d'elle au moment de l'ouverture de l'exposition. La venue à Montréal de cette pièce controversée de l'artiste belge de renommée mondiale est pour plusieurs un moment incontournable de la saison culturelle dans la métropole.Quant à Pelages de l'artiste québécoise Olivia Boudreau, il s'agit d'une séquence vidéo sans son de 4 heures 58 minutes montrant une femme portant un manteau de renard. Pendant presque cinq heures, la femme négocie des poses prise au piège dans un espace de représentation.

L'artiste a notamment voulu montrer comment la durée propre à la vidéo permet de rendre visible une certaine dynamique du corps coincée entre l'image et l'être, en partant du postulat que l'humain est incapable d'opérer un total contrôle de son image pendant une longue période de temps.

Quant à Win Delvoye, il a voulu encourager une réflexion sur ce qu'est la vie, où elle commence et où elle se termine. Au plan macroéconomique, Cloaca No. 5 est une représentation du matérialisme pur et de la consommation à outrance. Elle est une allégorie de notre société postindustrielle, une critique de l'hypercapitalisme.

À l'occasion de la journée de clôture de ces expositions, samedi, le court métrage Next Floor de Denis Villeneuve sera projeté en boucle de 16 h à 18 h à la Galerie de l'UQAM.

Gagnant du Grand Prix Canal + du meilleur court métrage au Festival de Cannes 2008, Next Floor, un film de 11 minutes 34 secondes met en scène un opulent et luxueux banquet au cours duquel 11 convives, servis sans retenue par des valets et des serviteurs attentionnés, participent à un étrange rituel aux allures de carnage gastronomique. Dans cet univers absurde et grotesque, une succession d'événements vient secouer la procession de cette symphonie d'abondance.