(Québec) Nathalie Roy n’a toujours pas de date à encercler pour le dépôt de la réforme promise et réclamée des lois sur le statut de l’artiste. Face aux acteurs du milieu artistique qui s’impatientent, la ministre de la Culture répond que le gouvernement va tenir parole.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Dans une lettre ouverte publiée jeudi dans La Presse, les principales organisations syndicales qui représentent les artistes (l’Union des artistes, l’Union des écrivaines et écrivains québécois et la Guilde des musiciennes et musiciens du Québec, entre autres) s’inquiètent que le gouvernement ne respecte pas son engagement de réformer ces lois vieilles de plus de 30 ans d’ici la prochaine élection s’il tarde à déposer un projet de loi.

« Nous allons tenir notre parole. Nous y travaillons à cette réforme et ce sont des lois excessivement complexes qui impliquent également d’autres ministères », a déclaré Nathalie Roy jeudi au Salon bleu.

Mme Roy était alors talonnée par la critique libérale en culture, Christine St-Pierre, qui a récemment publié une vidéo dans laquelle elle déplore que le gouvernement n’ait pas déposé la réforme. « Cette loi doit être modernisée parce que les artistes ont besoin d’une plus grande protection. Le monde a changé, les nouvelles technologies sont apparues », a dit Mme St-Pierre.

Mais concernant la date exacte du dépôt du projet de loi, Nathalie Roy a répondu : « Je n’ai pas de date ».

« Nous avons l’intention de déposer ce projet de loi. Vous voulez nous encarcaner dans une date, ce que nous ne ferons pas. […] Ce que nous avons dit que nous ferions, nous allons le faire », a-t-elle ajouté.

Des artistes se mobilisent

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Catherine Dorion

Face à ces réponses, la députée de Québec solidaire, Catherine Dorion, voulait « s’arracher les cheveux », a-t-elle réagi après la période de questions.

« On se fait clairement niaiser. C’est évident. C’est un recul. […] C’est clairement un abandon de leur promesse », a-t-elle affirmé, jugeant que la réforme pourrait ne pas être adoptée avant l’échéancier électoral de 2022.

Mme Dorion souhaite désormais que les artistes se mobilisent derrière leurs associations professionnelles pour talonner Québec sur cette révision des lois.

« Soit [Nathalie Roy] n’est pas capable de négocier dans son gouvernement, soit elle est juste vedge. Je ne sais pas c’est quoi [le problème]. Les organisations syndicales sont crinquées, faut que les artistes suivent », a-t-elle dit.

La réforme des lois sur le statut de l’artiste (adoptées en 1987 et en 1988) a été inscrite en priorité dans la plus récente politique culturelle du Québec. L’objectif est d’améliorer les conditions socioéconomiques des artistes, dans le contexte où « le revenu médian des artistes se situe toujours aujourd’hui sous le seuil de pauvreté », rappellent les associations professionnelles artistiques.

Par voie de communiqué jeudi, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a annoncé qu’elle ferait un « blitz pour réviser la loi » et pour rappeler à Québec que « pour le mieux-être et pour assurer la continuité de la relance de notre industrie, une révision de la Loi sur le statut de l’artiste est d’une importance capitale ».