Il a encore fallu le vivre à distance, sans la foule dense que l’on a l’habitude d’y retrouver. Malgré tout, le spectacle de la 187e fête nationale a été une jolie célébration, bien orchestrée en dépit des inconvénients. Retour sur la soirée en cinq temps.

Marissa Groguhé
Marissa Groguhé La Presse

PHOTO YAN TURCOTTE, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

L'avocat et entrepreneur social Fabrice Vil a participé au discours d'ouverture de la fête nationale.

Tissé serré

Janette Bertrand, Fabrice Vil (en français et en créole), Kim Thúy, Pierre Lapointe, Alexandra Stréliski, Daniel Boucher, Stanley Vollant (en français et en innu), une chorale, un orchestre, des drapeaux au vent, des images spectaculaires de paysages québécois : le discours d’ouverture du spectacle de la fête nationale, prononcé à l’extérieur du Manoir Richelieu, dans Charlevoix, a donné le ton à la soirée de deux heures. Une soirée aux ambitions grandioses. « Pour naviguer à travers nos différences d’idées, d’origines ou d’identités, soyons une famille unie dans la vérité », a notamment dit Fabrice Vil dans les premières minutes de l’évènement. « Je nous souhaite à tous l’égalité », a quant à elle dit Janette Bertrand. Le spectacle s’est déployé sur des sites aux quatre coins du Québec. Notons que si l’on a reproché le manque de drapeaux l’an dernier, on s’est rattrapé cette fois. Aucun doute, on célébrait le Québec jeudi, en bleu, blanc et fleur de lys. Sur le thème « Vivre le Québec, tissé serré », une kyrielle d’artistes d’ici ont mis leur talent au service d’une célébration présentée sur les grands réseaux de télévision.

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Louis-Jean Cormier a offert un duo avec Charlotte Cardin.

« Célébrer en grand »

Les voix de Charlotte Cardin et de Louis-Jean Cormier étaient faites pour se rencontrer. Elles étaient si belles à entendre sur Ça fait du bien, d’Harmonium, avant que se joignent à eux tous les artistes présents à Charlevoix pour ce spectacle tout en diversité musicale. « On doit encore célébrer notre fête nationale à distance », s’est désolé Louis-Jean Cormier avant de promettre une grande célébration malgré tout. Et en effet, on n’a pas lésiné sur les moyens pour en mettre plein la vue. Le terrain de jeu était énorme, la mise en scène ne manquait pas de panache.

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La rappeuse Sarahmée

Divertissement en tout genre

L’interprétation de Tout l’monde est malheureux, de Gilles Vigneault (présent par vidéo d’archive dans le numéro), a permis un moment ludique, enjoué. Des danseurs, des acrobates du Cirque Éloize et le clown David-Alexandre Després ont participé au numéro de Sarahmée, de Guylaine Tanguay, de Marie-Pierre Arthur et de Samian. Malheureusement, comme on a eu à le constater de nombreuses fois dans la dernière année, l’absence de public a coûté cher à l’ambiance. On a toutefois diversifié les tableaux pour garder le téléspectateur stimulé. Tout au long de la soirée, des artistes ont réalisé une murale de graffitis, en temps réel. De nombreuses personnalités, de diverses régions de la province, ont prononcé des discours en l’honneur de la nation québécoise. On ne sait trop pourquoi, Pierre Lapointe a chanté Noël. Bref, il y avait de tout, jeudi, dans ce spectacle qui devait faire compétition à la diffusion de l’important match du Canadien en demi-finale des séries.

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Le groupe 2Frères était de la distribution du spectacle de la fête nationale.

Les styles cohabitent

De Marie-Mai à Mario Pelchat, de Samian à Corneille, de Louis-Jean Cormier à Guylaine Tanguay, de 2Frères à Sarahmée… divers genres musicaux se sont côtoyés sur les scènes du spectacle, qui avait ainsi le potentiel de plaire à un grand nombre. L’évènement de cette année, malgré les inconvénients de la pandémie, a permis d’offrir des prestations d’un peu partout dans la province. La magie du préenregistré a donné l’occasion d’une collaboration entre Les Trois Accords, à Trois-Rivières, avec certains des artistes à Charlevoix. Damien Robitaille a chanté sur un tarmac de Saint-Hubert. Vincent Vallières, à partir d’un quai de Montréal, a joint sa voix à celle de Louis-Jean Cormier sur Voyager, de Jean Leloup.

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Johanne Blouin a interprété Quand les hommes vivront d’amour avec La Bronze.

De la belle musique

Il y a eu les moments d’exaltation, avec une dizaine de danseurs sur la scène, mais aussi des moments d’émotions, comme le duo de Johanne Blouin et La Bronze, qui ont interprété Quand les hommes vivront d’amour. A suivi la magnifique L’ironie du sort, de Louis-Jean Cormier. Fred Pellerin et sa guitare nous ont offert Retenir le printemps, un somptueux jeu de lumière sur le Manoir Richelieu derrière l’artiste. Une minute de silence a été observée pour commémorer « nos sœurs et nos frères autochtones », après un court discours de Sarahmée et de Corneille, reconnaissance plus que nécessaire. Cœur de pirate a ensuite proposé Les Éboulements, l’une des pièces de son plus récent album au piano solo. Plus tard, Marjo (arrivée en hélicoptère, s’il vous plaît) a chanté Illégal avec toute l’énergie du monde, accompagnée de Daniel Boucher et de Pierre Lapointe. Après l’incontournable La voix que j’ai, d’Offenbach, on a rendu hommage à Michel Louvain, un très beau moment. « Que cette liberté arrive à la vitesse de la lumière, la lumière au bout du tunnel », a lancé Louis-Jean Cormier pour dire au revoir sur une note d’espoir. Le numéro final a de nouveau réuni tous les artistes participants, menés par Robert Charlebois, sur Le mur du son.