Pour Laurent Saulnier, vice-président à la programmation chez Spectra, la pandémie qui bouleverse nos vies et empêche la tenue d’évènements culturels rassembleurs ne nous prive pas d’une chose : le plaisir de la découverte. Il a donc décidé d’aller de l’avant avec la Nuit blanche, mais dans un format entièrement numérique, le samedi 13 mars, dans le cadre du 22e festival Montréal en lumière.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

« La Nuit blanche a toujours été une vitrine extraordinaire pour découvrir différentes disciplines artistiques, ainsi que des créateurs de divers horizons, explique Laurent Saulnier, en entrevue avec La Presse. Par exemple, en se rendant à la Place des Arts, les amateurs de musique pouvaient passer par les corridors d’Art souterrain. On fait donc le pari que les gens, même en restant à la maison, auront encore la curiosité de découvrir toutes sortes d’affaires parmi notre programmation virtuelle. »

À compter de 17 h samedi et jusqu’à très tard dans la nuit, la Nuit blanche proposera un rassemblement virtuel « COVID-19-proof » avec une trentaine d’activités en musique, cinéma, humour, arts visuels, multimédia, gastronomie, etc.

Parmi les têtes d’affiche, l’humoriste Arnaud Soly animera un cabaret en compagnie de plusieurs invités, dont des vedettes comme Émile Bilodeau et Katherine Levac, mais aussi une spécialiste de l’origami, Miss Cloudy, et le chef montréalais du célèbre restaurant Mousso, Antonin Mousseau-Rivard.

On pourra vibrer dans son salon en voyant des performances au Musée des beaux-arts de Montréal et au Musée d’art contemporain, ou encore un spectacle virtuel mettant en vedette des humoristes en direct du Terminal Comédie Club, entre autres activités nocturnes (voir encadré pour d’autres propositions).

Volet gastronomique

Depuis quelque temps, Montréal en lumière a recentré sa programmation. Désormais, le festival offre un important volet d’art de la table et moins d’arts vivants. Cette année, à l’exception de la Nuit blanche, l’offre de Montréal en lumière est à 90 % gastronomique. De plus, pandémie et couvre-feu obligent, le site extérieur dans le Quartier des spectacles propose uniquement des installations lumineuses.

Pourquoi ce virage bouffe ? « D’abord, parce que le milieu des arts vivants est déjà bien servi par plusieurs festivals au Québec, des compagnies de danse, de théâtre et plusieurs lieux de diffusion. Ensuite, parce que la gastronomie fait aussi partie de la culture québécoise. Et il y a encore très peu d’évènements majeurs pour faire rayonner notre talent gastronomique au Québec. »

Et les Francos et le Festival de jazz ?

Outre Montréal en lumière, Laurent Saulnier s’occupe de la programmation des deux évènements phares en musique au Québec : le Festival de jazz et les Francos de Montréal. L’été dernier, Spectra avait proposé une programmation 100 % locale sur le web. Quel est le plan pour les éditions de juin prochain ?

« Malheureusement, je ne peux rien vous dire. Tout simplement parce que ce n’est pas l’Équipe Spectra qui va prendre la décision, mais le gouvernement du Québec et la Santé publique. »

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Outre Montréal en lumière, Laurent Saulnier s’occupe de la programmation des deux évènements phares en musique au Québec : le Festival de jazz et les Francos de Montréal.

À l’heure actuelle, personne ne sait comment nos festivals se tiendront : en numérique, à l’extérieur, dans des salles avec de la distanciation et des jauges réduites… Est-ce qu’on pourra faire venir des artistes de l’étranger ? Devront-ils faire une quarantaine ?

Laurent Saulnier

Tant de questions ! Mais le programmateur et son équipe travaillent depuis septembre dernier à de multiples scénarios : « On est prêts à s’adapter à toutes les éventualités ou presque, poursuit Laurent Saulnier. On souhaite juste pouvoir apporter un peu de couleur et de lumière en ces temps difficiles. Or, je suis convaincu que les gens auront envie de voir des spectacles dès que possible. Car l’être humain a besoin d’avoir une vie sociale. »

Quoi voir durant la nuit ?

Le cabaret de la Nuit blanche. En direct du Lion d’Or à partir de 21 h, Arnaud Soly présentera un spectacle multidisciplinaire auquel il convie une dizaine d’artistes, dont Klô Pelgag, Émile Bilodeau, Queen Ka, Katherine Levac…

La nuit de Manuel Mathieu. L’artiste contemporain Manuel Mathieu dévoile une partie de son exposition Survivance, au Musée des beaux-arts de Montréal. La chorégraphe et interprète Dana Michel présentera une performance improvisée au cœur même de l’œuvre de l’artiste.

Nuit blanche du MAC. Au menu, un atelier de création virtuel inspiré des œuvres dessinées de l’artiste Marlon Kroll pour l’exposition La machine qui enseignait des airs aux oiseaux.

Coups de cirque. Organisée avec le consulat du Mexique à Montréal, cette performance issue de l’art du cirque nous fera faire un voyage parmi les quatre éléments de la nature et de l’univers précolombien du Mexique : Terre, Feu, Air, Eau.

La virée nocturne de Radio-Canada. Au programme, une prestation musicale exclusive de Clay and Friends, des lectures de Nuit avec Sarah-Maude Beauchesne et ses invités, et une virée historique avec Laurent Turcot. On peut aussi écouter l’émission Il est toujours 22 h quelque part animée par Pierre-Yves Lord (également diffusée à la radio d’ICI Première).

Les 24 heures du vinyle. Le Casino de Montréal présente la 21édition d’un marathon de DJ sets, avec 24 DJ qui se succèdent toutes les heures jusqu’à dimanche soir.

La 18Nuit blanche en format numérique, le 13 mars, dès 17 h.

> Consultez le site de la Nuit blanche