C’est dommage. Sur papier, Drôles de Véronic promettait. D’abord, avec sa tête d’affiche, Véronic DiCaire, imitatrice hors pair. Et autour d’elle, des comédiens talentueux, dont Catherine Chabot (révélée dans Menteur), Éric Bernier, Josée Deschênes et Gabrielle Côté.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Tous des gens allumés, dans une formule combinant sketchs et parodies, mon enregistreur numérique rugissait déjà de plaisir. Un mini Bye bye tous les mercredis soir ? Oui, c’est accepté !

Mais après cinq épisodes diffusés par TVA, le constat s’impose : Drôles de Véronic ne porte pas bien son nom. Ce n’est pas super rigolo.

PHOTO FOURNIE PAR TVA

Véronic DiCaire, star de Drôles de Véronic

D’abord, il y a un énorme décalage entre Les beaux malaises à 21 h, où les personnages sacrent et abordent des sujets pour adultes, mettons. Puis, à 21 h 30, pouf, on régresse dans un univers bonbon et coloré, limite puéril, qui détonne complètement.

Je pense à la blague de l’animatrice de la fausse émission On parle le matin, qui parlait de se mettre du « yogourt grec dans la ploune » au deuxième épisode. Ouin, c’est ça.

Pourtant, les trois auteures (Marie-Andrée Labbé, Josée Fortier et Véronic DiCaire) ont pondu de bons flashs, qu’elles étirent inutilement, sur plusieurs épisodes. Le personnage de Surviva-Lise, il aurait été payant dans une seule scène mieux écrite, plus punchée. Même chose pour les Nanette’dotes. Une fois, ça va. Plus de deux, c’est trop.

Ces répétitions trahissent-elles un manque de budget ? Sans doute. Les costumes, les perruques, les décors, les maquillages, c’est très coûteux. Et une fois Véronic DiCaire transformée, on l’exploite à fond. C’est compréhensible.

Tout le contenu de Drôles de Véronic aurait dû être resserré. La parodie du film d’horreur « Couple d’amis avec enfants », la séquence sur les noms de commerce trop honnêtes ou le retour dans le passé pour envoyer un fax, ces segments auraient gagné en efficacité en passant à l’élagueuse.

Par contre, les imitations restent le point fort de Drôles de Véronic, comme celles, vraiment réussies, de Simon Boulerice, Élise Guilbault, Louise Latraverse, Anne Dorval, Marthe Laverdière, Lara Fabian ou Serge Denoncourt. Là où ça accroche, c’est dans la façon de les intégrer aux saynètes.

Souvent, je pense au sketch sur les couvre-visages de vedettes, on a l’impression que les dialogues ont été créés uniquement pour passer deux ou trois des meilleures imitations de Véronic DiCaire.

La diva Céline Dion, personnage chouchou de Véronic DiCaire, n’est pas exploitée à son plein potentiel. Marc Labrèche la fait mieux, avec moins de moyens.

Mercredi dernier, la très bonne parodie de Si on s’aimait, avec une Louise Sigouin plus vraie que la vraie, nous a montré à quoi aurait ressemblé Drôles de Véronic en version plus mordante. Le tricheur, avec Éric Salvail, Gilbert Rozon et Éric Lapointe, s’approchait encore plus de ce qu’un Bye bye aurait présenté. C’était bien exécuté, vraiment.

Le duo déprimant de Cœur de pirate et Tire le coyote, sur Walking On Sunshine de Katrina and the Waves, m’a également fait beaucoup rire.

Il y a des idées intéressantes dans Drôles de Véronic, comme la mauvaise perdante aux jeux de société, L’arbitre avec Anne-France Goldwater et Élise Guilbault, ainsi que le clip sur la manière dont les femmes devraient s’habiller. Le problème, c’est qu’on les perd dans les chansons et les trucs qui tombent à plat.

Et la référence aux auditions de Fugueuse ? Elle était expirée depuis au moins trois ans. Repose en paix, agent Fanny Couture !

Ron+Anémone

L’auteure d’Une autre histoire, Chantal Cadieux, nous fait miroiter cette possibilité depuis quelques épisodes : est-ce que Ron (Vincent Graton) et Anémone/Manon (Marina Orsini) pourraient se remettre en couple après avoir été séparés pendant plus de 30 ans ?

Avec son alzheimer qui s’aggrave, son détachement émotif d’Émilien (Patrice Godin) et les liens de plus en plus forts qu’elle tisse avec ses trois premiers enfants, Anémone paraît ouverte à cette possibilité.

Du côté de Ron, c’est moins clair, même si Patricia (Marie Turgeon) soupçonne qu’il existe toujours une étincelle entre les Bonnie et Clyde du téléroman de Radio-Canada. Quand Ron apprendra que sa conjointe Patricia souffre d’un cancer du poumon, si elle le lui révèle, bien sûr, ça risque de freiner ses ardeurs pour son ancienne femme. Ron restera auprès de Patricia.

L’épisode de lundi soir d’Une autre histoire a ajouté une couche supplémentaire à la saga du fameux fusil qui a servi à tuer, en 1989, Lyndsay Gagnon, la sœur de Vincent (Sébastien Ricard). C’est Josée (Isabelle Miquelon), l’ancienne épouse de Valaire (Steve Banner), qui a chargé ledit fusil. Valaire l’a ensuite remis à Ron, qui l’a refilé à Manon, qui a tiré en direction de Lyndsay. Ça fait beaucoup d’empreintes sur la même arme.

Bref, si Mona (Marie-Évelyne Baribeau) raconte à la police que le fusil provenait de son père Valaire, elle implique aussi sa mère dans ce meurtre non résolu. Une histoire de famille simple, simple, simple !