Le succès planétaire de Crazy Rich Asians, le premier film hollywoodien soutenu par une distribution 100 % asiatique depuis The Joy Luck Club en 1993, a réveillé les patrons des grands studios. Ah oui ? Des histoires portées par des acteurs chinois, vietnamiens ou coréens, ça rapporte ? Vite, manufacturons-en d’autres !

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Dérivée d’un roman de l’écrivain Kevin Kwan, la comédie Crazy Rich Asians, sortie il y a deux ans, raconte les déboires d’une jeune prof sino-américaine qui ignorait que son futur mari provenait de l’une des familles les plus riches de Singapour. Un divertissement léger, drôle et pétillant. D’ailleurs, si vous cherchez ce qu’on appelait jadis un livre de plage, du temps où l’on pouvait lézarder sur une chaise longue dans un tout-inclus, tout ce qu’a pondu Kevin Kwan vous ravira. Il raconte la vie de la jet-set avec beaucoup d’humour, d’esprit et de dérision.

Depuis vendredi, Netflix offre l’équivalent télévisuel de Crazy Rich Asians, soit la docuréalité Bling Empire (L’empire du bling, en version française). Pendant huit courts épisodes, nous suivons les virées shopping sur Rodeo Drive et les voyages en jet privé à Paris d’un groupe d’Américains d’origine asiatique, jeunes et moins jeunes, tous extra fortunés.

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Anna Shay et Christine Chiu dans Bling Empire

Rapidement, les protagonistes se jettent des coupes de champagne au visage (attention à mon Dior !) et se griffent (manucure impeccable) pour le titre de reine des abeilles en exhibant des colliers de diamants valant le prix de quatre chalets dans les Cantons-de-l’Est. Rien de nouveau sous le soleil de Los Angeles.

Mais à mi-parcours, le vernis Chanel s’écaille et Bling Empire creuse des enjeux plus importants. Car oui, c’est possible de gagner de la profondeur dans un univers aussi superficiel et mince, croyez-le ou non.

Les « personnages » réévaluent des traditions familiales archaïques et se questionnent sur leur identité, tout en déplorant la pression qu’exercent leurs parents pour qu’ils réussissent à tout prix. Un peu de contenu dans ce contenant lustré ne nuit certainement pas.

Nous découvrons cet univers chromé et méconnu par l’intermédiaire du mannequin d’origine coréenne Kevin Kreider, le plus pauvre – et de très loin – de ce groupe d’enfants de milliardaires. Kevin débarque de Philadelphie et habite avec des colocs dans une maison où il paie 1000 $ de loyer par mois, sans l’aide de papa ou maman.

Kevin fraiera avec cette faune dorée grâce aux contacts de Kane Lim, le fils d’un magnat de Singapour qui flambe son fric dans les fringues et les injections faciales, visiblement. Autour d’eux gravitent la DJ Kim Lee, le coiffeur Guy Tang, la philanthrope Christine Chiu et l’entrepreneure Kelly Mi Li, qui sort avec l’acteur Andrew Gray, dont le seul fait d’armes est d’avoir incarné un Power Ranger. Le rouge, si vous voulez tout savoir.

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Kane Lim, le fils d’un magnat de Singapour, flambe son fric dans les fringues, notamment.

La plus fascinante, c’est Anna Shay, dont la famille a accumulé des milliards dans la vente d’armes. Elle vit sur un immense domaine à Beverly Hills et ne laisse personne lui piétiner les orteils. C’est ma préférée.

Bref, si vous avez le goût d’une évasion chez les riches et moins célèbres qui collectionnent les vêtements de haute couture, Bling Empire vous videra le coco pendant quelques heures, un peu comme Emily à Paris. C’est tape-à-l’œil, mais assez distrayant.

De retour à Wentworth

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Netflix et l’Extra de Tou.tv diffusent depuis peu la huitième saison de la série carcérale australienne Wentworth.

J’adore la série australienne Wentworth, campée dans une prison pour femmes où la violence, le trafic de drogue et les guerres de clans effraient les détenues. J’ai vu toutes les saisons. Voilà une télésérie qui assume son côté savonneux et qui n’a pas peur de tuer ses personnages principaux pour nous garder sur le bout de notre sofa.

Le huitième chapitre de Wentworth est sorti pendant le temps des Fêtes sur Netflix et l’Extra de Tou.tv. La version doublée en français ne semble pas exister encore, car Netflix et l’Extra ne proposent que les sous-titres dans notre langue.

Et est-ce que c’est bon ? Oui, comme toujours. De nouvelles prisonnières sèment la pagaille, dont une (Lou Kelly) qui a la réputation de couper des doigts pour affirmer son autorité. Une jeune militante, accusée de terrorisme, ébranlera également l’établissement carcéral, qui a une nouvelle administratrice déterminée à couper dans le gras.

Plusieurs visages connus reviennent dans la huitième saison de Wentworth (10 autres épisodes sortiront plus tard en 2021), dont Marie, Boomer (que j’adore), Allie et Ruby, de même que Vera, Jake et Will. Celle dont on ne peut pas prononcer le nom réapparaît aussi dans le décor, mais peut-être pas de la façon dont vous l’aviez imaginé.