Le Conseil des arts de Montréal (CAM) dévoilera ce mercredi les détails d’une entente signée avec huit institutions culturelles afin de favoriser la diversité artistique, la relève, le rayonnement et l’innovation, a appris La Presse.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Les Grands Ballets Canadiens, l’Opéra de Montréal, le Musée des Beaux-Arts de Montréal, le Musée McCord Stewart, l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Orchestre Métropolitain, le Théâtre du Nouveau Monde et la Cinémathèque québécoise, qui reçoivent déjà environ 2 millions du CAM en subventions, annonceront mercredi les nouveaux projets qu’ils mettront sur pied.

On parle vraiment de huit ententes distinctes, a précisé la directrice générale du CAM, Nathalie Maillé dans un court entretien avec La Presse.

« L’offre artistique a changé et le nombre de compagnies a explosé, a-t-elle expliqué. Ce contexte nous a amenés à revoir le rapport entre subventionnaire et subventionné. Ces institutions-là ont des expertises uniques, on veut donc qu’elles soient des leaders. On s’est demandé comment on pouvait développer un partenariat qui allait servir le milieu tout en répondant au plan stratégique de ces organismes. C’est un changement vraiment important. »

Le Conseil des arts de Montréal subventionne environ 525 compagnies et organismes – à hauteur de 17 millions. Ce petit groupe sélect répondait à quelques critères spécifiques, parmi lesquels : avoir été créé depuis plus de 35 ans, avoir un budget annuel de plus de 5 millions et avoir survécu à ses fondateurs.

« C’est sûr qu’on aurait aimé que la liste soit plus longue, mais c’est un projet sur lequel on expérimente, a indiqué Nathalie Maillé. On s’est dit : commençons par ce groupe-là et regardons comment ça évolue. »

Par exemple, la Cinémathèque annoncera un projet qui facilitera l’accès à son contenu culturel.

Une brigade formée d’une spécialiste de l’histoire du cinéma québécois (Julia Minne), d’un ingénieur informatique (Konstantinos Lambrou-Latreille) et d’une wikimédienne (Doriane Biot) auront pour tâche de modifier ou de créer 400 articles faisant référence à des artistes québécois sur Wikipédia.

L’Opéra de Montréal cherchera à augmenter son accessibilité aux groupes marginalisés. Par exemple, des capsules vidéo des étapes de création de l’opéra Carmen, créé avec l’organisme La Gang à Rambrou, qui réunit des adultes avec des handicaps intellectuels ou qui ont un trouble de l’autisme, serviront d’outils à différentes communautés.

De son côté, le Musée McCord Stewart s’est donné l’objectif de renforcer ses liens avec des créateurs autochtones. Des ateliers de création pour les publics scolaires seront ainsi offerts avec divers artistes autochtones, dont le cinéaste innu Donavan Vollant et le Wapikoni mobile.

Pour réaliser ces projets, les huit institutions ciblées par le CAM se partageront une « petite » enveloppe de 200 000 $, ce qui veut dire qu’elles devront débourser des sommes « de leur poche ».

« C’est une petite somme, donc c’est sûr que ces institutions vont devoir contribuer de leur côté, nous dit Nathalie Maillé, mais c’est surtout un projet qui vise à établir dialogue. C’est une autre façon de travailler ensemble, qui va au-delà de l’aide au fonctionnement traditionnelle. C’est dans ce sens qu’il s’agit d’une entente historique. »

Le Conseil des arts de Montréal aimerait d’ailleurs revoir son plan de subvention de manière à ce que l’aide aux compagnies et organismes soit planifiée sur une période de quatre ans. « On lance cette initiative-là et on va voir ce que ça donne et si ça répond aux besoins du milieu culturel. Mais nous sommes conscients du fait qu’il faut revoir le mode d’octroi des subventions » a reconnu la directrice générale du CAM.