Se faire remarquer dans l’offre culturelle gigantesque qui se trouve sur l’internet, dominée par les productions anglo-saxonnes, est un défi de taille pour les créateurs francophones. Dans ce contexte, le Québec et la France unissent leurs efforts et dévoilent aujourd’hui une stratégie de « découvrabilité » des contenus culturels francophones en ligne.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Évoquant une nécessité « pressante et multiple », la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, affirme dans le document qui sera dévoilé lundi qu’il est « essentiel de donner aux artistes et aux secteurs culturels les moyens et les conditions pour utiliser à leur avantage les immenses possibilités de l’ère numérique ».

La ministre de la Culture française, Roselyne Bachelot-Narquin, ajoute que les grandes plateformes numériques sont les principaux « gardiens de l’accès aux contenus en ligne », qu’elles ont le pouvoir inédit « d’influer directement sur les goûts et les sensibilités culturelles ».

C’est avec l’objectif que les cultures francophones du Québec et de la France trouvent leur chemin jusqu’au public qu’une stratégie commune a été mise en place. La « découvrabilité » dont il est question, ce n’est pas seulement la mise en disponibilité du contenu culturel francophone en ligne, mais aussi la possibilité d’être vu ou entendu.

Au terme d’une vaste consultation, une stratégie en 12 points a été élaborée. Ces 12 objectifs vont de la formation des acteurs du milieu à la sensibilisation du public. Le cœur de l’affaire, c’est toutefois la mise en valeur des contenus culturels et, pour ce faire, une utilisation optimale des métadonnées.

Les objectifs nommés dans le document produit par les deux ministères n’apportent pas de réponses immédiates pour les créateurs. Il est question de faire des études, de former des comités et de mettre en place des dispositifs d’observation des pratiques de consommation culturelle.

Il n’est pas question, non plus, d’une plateforme commune de diffusion de contenu francophone, par exemple, pour concurrencer les Netflix et Spotify de ce monde. La nécessité d’adapter les cadres réglementaires est précisée, afin de « s’assurer de la mise en avant effective des contenus francophones sur les plateformes internationales », dans le respect des ayants droit.

Le document dévoilé lundi ne précise pas les sommes qui seront allouées à cette stratégie numérique.