Le feuilleton entourant le congédiement de Nathalie Bondil se poursuit. Après avoir essuyé les critiques d’un membre de son conseil d’administration ainsi que d’un administrateur de sa fondation, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) vient de publier un communiqué dans le but de « corriger les faits ».

Jean Siag
Jean Siag La Presse

En décidant de mettre fin au contrat de Nathalie Bondil en tant que directrice générale et conservatrice en chef du Musée, les membres du conseil d’administration « savaient ce qu’ils faisaient et étaient pleinement justifiés de le faire », affirme le C.A. dans un communiqué publié vendredi.

L’institution réagit ainsi à une communication de Joe Battat, seul membre du C.A. à avoir voté contre le congédiement de Mme Bondil. Dans une lettre adressée aux autres membres du conseil – et que La Presse a obtenue –, M. Battat indiquait n’avoir jamais pu prendre connaissance du rapport indépendant sur le climat de travail au musée qui a justifié ce congédiement. Il déplorait aussi de n’avoir pas pu entendre la version des faits de Mme Bondil.

Dans son communiqué, le MBAM réplique qu’une « présentation PowerPoint de 90 pages, préparée et présentée par la firme RH indépendante », a été présentée au C.A. lors d’une rencontre à laquelle M. Battat aurait assisté.

Quant à la possibilité pour Nathalie Bondil de se défendre, le Musée affirme que « malgré des efforts pour trouver une solution avec elle, les membres du conseil se sont heurtés à son déni et à son intransigeance à plusieurs égards ». « Madame Bondil avait alors perdu la confiance du conseil d’administration et ne pouvait plus diriger le Musée », tranche-t-il.

Le conseil d’administration se range aussi derrière son président, Michel de la Chenelière, accusé par certains observateurs de vouloir diriger le musée. « Oui, Michel de la Chenelière était très présent au Musée, écrit-il. […] Mais que ce soit pour l’embauche de la directrice de la conservation ou pour la décision de mettre fin au contrat de Mme Bondil, il s’agissait de décisions collectives et non de celles du président du conseil. »

Dans son communiqué, le conseil accuse en outre ses détracteurs de « minimiser le climat de travail qui prévalait au musée ».

Il interpelle à ce sujet Michel Nadeau, président du comité de placements et membre du comité de gouvernance et administrateur de la Fondation du MBAM. Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse mardi dernier, ce spécialiste des questions de gouvernance faisait un portrait peu flatteur du président du C.A., Michel de la Chenelière, dénonçant sa vision d’une « direction bicéphale » (c’est-à-dire assurée par la directrice générale et le président du C.A.), ainsi que sa tendance à la microgestion. « Comment peut-on prétendre être un défenseur des grands principes de gouvernance […] tout en faisant fi des graves problèmes de gestion à l’intérieur des murs du Musée ? », écrit le C.A.

Pendant ce temps, le professeur Daniel Beaupré, de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, poursuit son audit externe à la demande du ministère de la Culture et des Communications du Québec. M. Beaupré a le mandat de faire la lumière sur les évènements ayant mené au congédiement de Mme Bondil et de se prononcer sur la gouvernance du musée. D’après le conseil, il a en main le rapport des RH ayant mené à la décision du C.A. de congédier Mme Bondil.

Concernant l’engagement de 10 millions du gouvernement du Québec pour la construction d’une nouvelle aile consacrée aux œuvres de Jean Paul Riopelle, la direction du Musée des beaux-arts affirme être en pourparlers avec le ministère de la Culture et des Communications.

Des médias ont rapporté jeudi que le gouvernement avait décidé de retirer ses billes. Le Musée affirme pourtant qu’« aucune décision formelle » n’a encore été prise et que des discussions sont en cours. Même discours au Ministère, où le cabinet de la ministre Nathalie Roy a indiqué que « des discussions permettront d’en arriver à des conclusions ».