Pénélope McQuade anime une nouvelle émission sur ICI Radio-Canada Première. Elle livre ses premières impressions et parle du défi de succéder à Catherine Perrin.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Après quelques jours dans votre nouvelle chaise d’animatrice, quel est votre état d’esprit ?

Je suis extrêmement heureuse. Je savais que j’aimerais ça, mais je ne savais pas que ça me rendrait aussi joyeuse, que je ressentirais à ce point un sentiment de plénitude. Je tripe très fort sur cette émission-là. Chaque fois que j’ouvre un dossier d’entrevue, tout me fascine. Je vais de découverte en découverte. Je rentre dans plein d’univers. Juste la matière première pour faire mon travail me comble profondément. Et en plus, j’ai du temps pour aller en profondeur. Je suis renversée par le grand potentiel de bonheur que je vais vivre.

Comment s’est faite la préparation pour l’animation de cette émission ?

De février à juin dernier, on a travaillé dans un premier temps en développement avec Marie-Claude Beaucage, puis avec la réalisatrice Stéphanie Leclerc. En juin, on a fait un pilote très concluant. Quand je suis partie en vacances, fin juin, on était déjà très assises : nos collaborateurs étaient pas mal tous choisis, on connaissait le ton de l’émission. Le terrain de jeu était défini. Parallèlement à ça, j’avais publié un message sur Facebook dans lequel j’expliquais être à la recherche d’experts avec lesquels je pourrais discuter de différents sujets. Je voulais des mentors avec qui je pourrais échanger, ne serait-ce que pour avoir ces discussions-là à voix haute. Finalement, je me suis rendu compte que j’en connaissais beaucoup plus que je ne le croyais sur un paquet de sujets. Ça a été enrichissant et ça m’a rassurée.

Quel était le plus grand défi en reprenant cette case horaire ?

Les attentes des gens. On m’avait prévenue que l’engagement du public de Radio-Canada, envers ses émissions radio particulièrement, est très fort. C’est un public curieux, intelligent, critique. Mon autre défi, c’était que ce soit plausible de m’entendre parler de sujets très variés, de m’entendre faire une entrevue avec un hématologue et le directeur d’un institut de recherche, par exemple. J’avais peur que pour le public, ça ne se puisse pas, entendre ces mots-là dans ma bouche. Je me demandais si on était capable de m’accorder cette crédibilité. J’ai eu beaucoup de complexes et j’en ai encore. Quand j’ai su que j’avais décroché le poste, je me suis mise à regarder le monde du point de vue de tout ce que je ne connaissais pas. C’était dur. Je me trouvais tarte, je ne connais rien… Je sais que ce n’est pas très constructif pour mon travail de me dire ce genre de choses, et je sais qu’on n’est pas là pour étaler ses connaissances. Heureusement, cette impression s’est évacuée assez rapidement durant la première semaine. De la curiosité, j’en ai pour mille. Mais c’est certain que succéder à Catherine Perrin, qui est une surdouée, un être d’exception qui a une intelligence hors norme, ce n’était pas évident. J’ai compris que je ne devais pas me comparer à elle.

Quelle couleur, quelle touche personnelle souhaitiez-vous absolument apporter à ce créneau en matinée ?

Je voulais vraiment faire les choses différemment, il y a beaucoup de choses qui ont changé, mais on ne peut pas totalement réinventer la roue. Il y a des classiques, comme la bouffe et le vin le vendredi, qui sont incontournables. Pour moi, c’était surtout des personnes que je voulais emmener à l’émission. C’était important, par exemple, d’avoir autour de la table des gens de toutes les couleurs, formes, origines, religions et de ne pas les inviter afin qu’ils parlent de leur spécificité. Pour moi, c’est du passé, cette conversation sur la diversité, on est rendus plus loin. L’humour est également super important pour moi. J’ai le rire très facile et je veux qu’on me laisse cette forme d’expression : l’ironie, le deuxième degré, ça permet de désamorcer bien des situations. Au fond, ce que tout le monde souhaite, c’est se sentir libre et accepté dans toutes ses facettes par les gens avec qui on travaille. En ce qui me concerne, ça me semble réglé. Je dirais que cette première semaine a été magique.

On peut écouter l’émission Pénélope tous les matins en semaine, de 9 h à 11 h 30, sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première. Pénélope McQuade animera également l’émission Faites-moi rire ! sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé tous les vendredis, à 20 h, à compter du 13 septembre.