Cinq cents ans après leur mort, plusieurs personnages historiques restent dans la mémoire collective. Mais très rares sont ceux qui, à l’image de Léonard de Vinci, sont aussi présents dans la culture populaire. En voici quelques exemples.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

The Da Vinci Code

Le roman de l’auteur américain Dan Brown et son adaptation cinématographique signée Ron Howard constituent sans doute la plus importante transposition de Vinci dans la culture populaire. L’histoire est celle de Robert Langdon (Tom Hanks dans le film), un « symbologiste » américain associé au meurtre de Jacques Saunière, conservateur au Louvre et dirigeant de la confrérie du Prieuré de Sion qui possède un secret risquant d’ébranler le christianisme. Que le corps de Saunière soit retrouvé dans la même position que celui de L’homme de Vitruve l’associe à Vinci. Le livre de Brown s’est vendu à 86 millions d’exemplaires alors que le film a fait des recettes de 758 millions.

Les pubs de Mona Lisa

PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

En 2005, la Conférence des évêques de France s’est opposée à cette publicité de la maison Marithé et François Girbaud inspirée du tableau La Cène de de Vinci.

Qui n’a jamais vu de publicité utilisant une des œuvres de Vinci, ou le peintre, pour vendre un produit ? Plusieurs se souviennent de celle des années 70 alors qu’une voix hors champ demandait à Léonard de Vinci s’il avait trouvé « comment Cadbury met le doux caramel mou dans la Caramilk », barre de chocolat dont se délectait Mona Lisa. Au fil des ans, La Joconde a servi à vendre des voyages, des vêtements, du shampoing, de la pizza, etc. En 2005, une publicité des vêtements Marithé et François Girbaud inspirée du tableau La Cène, où Jésus et les apôtres sont remplacés par des femmes, a fait scandale en France.

Jouer avec Léonard

PHOTO FOURNIE PAR LOTO-QUÉBEC

Un exemple du jeu Da Vinci Diamonds

Est-ce la richesse intellectuelle de Vinci, le prix de ses peintures dans les ventes aux enchères ou le sourire de Mona Lisa qui est en cause ? Toujours est-il que ce bon vieux Léonard et sa Joconde ont vu leur visage reproduit dans des jeux de machines à sous pour casino. Tantôt appelés Da Vinci Diamonds, tantôt Da Vinci Gold, ces jeux sont offerts tant dans les établissements de jeu qu’en ligne. Même Loto-Québec en possède. La société d’État nous a confirmé par courriel que le Casino de Montréal possède cinq machines à sous Da Vinci Diamonds depuis 2012 et que le jeu est aussi offert en ligne depuis 2015.

Des restaurants et des boutiques

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Le décor au visage de la Mona Lisa au restaurant Da Vinci de la rue Bishop, ouvert depuis 45 ans

Un restaurant Da Vinci ? Il y en a partout dans le monde. Faites un tour sur l’internet et vous en trouverez dans de nombreux pays. Ainsi, à Montréal, le restaurant Da Vinci de la rue Bishop existe depuis 45 ans ! À Saint-Léonard, le Centre Leonardo da Vinci propose des services communautaires aux Italo-Canadiens. On trouve aussi des boutiques et hôtels portant le nom de Mona Lisa partout dans le monde. Cet usage est conforme à la loi. « En matière de droits d’auteur, on peut utiliser des œuvres créées par des artistes qui sont décédés depuis plus de 50 ans, dit Véronyque Roy, avocate en droit du divertissement. Cette loi est fédérale et s’applique partout au Canada. » Dans plusieurs autres pays, le délai est de 70 ans et le Canada pourrait adhérer à cette norme en raison de traités internationaux. Mais ça ne changera évidemment rien pour Léonard de Vinci.

Timbres, monnaie, casse-tête et compagnie

PHOTO FOURNIE PAR ROYAL MAIL

Un des 12 timbres émis cette année par la poste britannique d’après des dessins appartenant à la famille royale.

Les collectionneurs de timbres savent bien que Vinci et ses œuvres apparaissent sur quantités d’émissions dans plusieurs pays. Sur eBay, on déniche entre autres un lot de timbres italiens (poste aérienne) remontant à 1932 avec Vinci et sa machine volante. La France a déjà émis des timbres de La Joconde et autres. Cette année, le Royaume-Uni émet 12 timbres à l’image d’autant de dessins de Vinci appartenant à la famille royale. Côté monnaie, le visage du savant a été imprimé sur les billets de 50 000 lires italiens en 1967 et L’homme de Vitruve est apparu en 2002 sur les pièces italiennes de 1 euro. Évidemment, les casse-têtes, t-shirts, coussins et autres objets présentant le visage du savant ou l’une de ses œuvres sont légion.