Après 23 ans de délires vocaux enregistrés et 1,7 million d'albums vendus, François Pérusse lancera mardi son désormais traditionnel Album du peuple. Sur ce neuvième tome, l'humoriste se penche plus que jamais sur l'actualité.

Publié le 17 nov. 2013
Stéphanie Vallet LA PRESSE

«C'est la première fois que j'utilise autant ce qui se passe dans les nouvelles. Même si je ne les nomme jamais précisément, le scandale des maires et la commission Charbonneau ont été une grande inspiration. C'est nouveau pour moi, mais ça me tente de plus en plus de faire une incursion dans cette sphère», explique François Pérusse.

Critique envers le travail des médias, il avoue également ne jamais s'être autant amusé à leurs dépens.

Le « courtier en mots d'esprit », comme il s'autoproclame sur la pochette de son nouveau disque, propose également un nouveau personnage: un traducteur anglais/français qui a visiblement quelques lacunes dans la compréhension de la langue de Shakespeare.

Pérusse, le musicien, offre quatre nouvelles chansons sur cet album. Il fait un clin d'oeil sur Danse mal à tous ceux qui, comme lui, ont deux pieds gauches quand vient le temps de danser, raille la perpétuelle quête de la possession sur Peut pas tout avoir, ridiculise sa période jazz sur Une fois et incarne un chanteur qui prend son public en otage lors d'une étrange confession.

Devant une caisse automatique ou dans un magasin de meubles, l'humoriste revisite ses personnages colorés, dont l'animateur de radio communautaire Louis-Paul Fafard-Allard, le gars qui magasine, l'entraîneur Bob Hartley et le monsieur Yoko Who Knowns, qui a réponse à tout, mais à qui on ne pose jamais la bonne question.

Pérusse a toujours un projet d'album musical en suspens.

«Ça me tient à coeur, dit-il. Même si je dois en vendre quatre, j'aimerais le faire pour moi!»

Q/R

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

J'ai reçu un appel de CKOI en 1989 parce que quelqu'un avait entendu un extrait des folies que je faisais chez moi. Ils m'ont proposé de faire un essai à Y'é trop d'bonne heure avec Normand Brathwaite et Joane Prince. J'avais 29 ans et ce n'était pas planifié que je fasse ce métier-là !

Que vouliez-vous faire dans la vie étant plus jeune ?

Je voulais être musicien dans un groupe. J'ai réalisé une partie de ce rêve puisque mon frère m'a engagé dans son groupe de jazz où je jouais de la basse. Je travaillais aussi dans un magasin d'instruments de musique. Plus sérieusement, je me suis dit un jour que je voulais faire de la radio, alors j'ai travaillé 12 ans dans une radio communautaire.

La première fois que vous avez enregistré votre voix ?

Petit, à 7-8 ans, j'aimais m'enregistrer sur le magnétophone de mon père, mais je n'aimais pas ma voix. Alors, je la transformais, je faisais des personnages. C'était un enregistreur à piles, la vitesse variait et je trouvais ça extraordinaire. J'imitais des scènes d'Arsène Lupin, je faisais de fausses publicités.

Votre grossièreté préférée ?

Il y a un mot ostentatoire que j'aime bien dire : tabarnak.

Un cauchemar récurrent ?

Je rêve que je fais de la scène, que le rideau s'ouvre et que je ne me souviens plus d'aucun texte. Pourtant, dans la vie, je n'ai pas de spectacle ! Sinon, je rêve aussi que je suis nu dans un endroit où je ne suis pas censé l'être.

La chanson qui vous rappelle le plus votre enfance ?

Les chansons des albums Sgt. Pepper et Rubber Soul me ramène au fun que j'avais dans le 3 1/2 avec mon frère quand on était petits. Parfois, une vieille chanson de Nana Mouskouri parce que mon père écoutait ça, ou de Sacha Distel pour ma mère.

La chanson qui vous rappelle votre premier amour ?

New Horizons de l'album Seventh Sojourn du groupe The Moody Blues. J'avais 17 ans et c'était ma première blonde. J'étais resté avec elle quelques mois.

Faites un voeu...

Pouvoir continuer à faire ce métier aussi longtemps que possible. Je me trouve chanceux que les gens écoutent ce que je fais.