Ce soir, un vernissage marquera l'ajout de 65 tableaux sur les murs du service de médecine nucléaire de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui accorde beaucoup d'importance à l'art et à son rôle dans la guérison des malades.

Mis à jour le 7 juin 2010
Éric Clément LA PRESSE

Les 65 toiles ont été peintes par Marcel Barbeau, Stephen Conroy, Peter Krausz, Jacques Hurtubise, Rita Letendre, Marc Séguin, Guido Molinari, Richard Serra et Richard Morin. Elles s'ajoutent aux 208 tableaux qui ornent déjà les murs de l'hôpital. La valeur totale de la collection est estimée à 267000$.

 

Médecin à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Dr André Levasseur a fait don de 37 des 65 nouvelles toiles. L'apport de ces nouvelles peintures est une initiative d'Earl Pinchuk, cofondateur de la Fondation de l'art pour la guérison, et de Jean-Claude Baudinet, président de la Fondation de l'hôpital. La mission de la Fondation de l'art pour la guérison est de promouvoir l'art dans le processus de guérison.

«L'art a un impact positif sur l'aspect mental, mais aussi sur la physiologie des individus lors de la guérison, dit M. Pinchuk. Un environnement orné d'oeuvres permet aux patients de changer leur perception de la douleur, leur peur et leurs émotions négatives ressenties à l'égard d'un traitement médical.»

L'hôpital a adopté la philosophie du healing environment qui procure aux patients un milieu propice à la guérison. Mis à part l'exposition de tableaux, l'hôpital, suivant cette notion, a aménagé des jardins intérieurs et conçu l'architecture du pavillon de radio-oncologie.

Directeur des services techniques à Maisonneuve-Rosemont et architecte de formation, Louis Sauvageau dit que la notion de healing environment est étudiée depuis plusieurs années par des chercheurs. «Ça diminue le stress des patients et des personnes qui les accompagnent, dit-il. À Maisonneuve-Rosemont, dans le centre de soins ambulatoires, il y a une série d'éléments mis en place pour diminuer ce stress.»

Au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, en France, on a utilisé des ateliers d'initiation à l'orgue dans le cadre de soins prodigués à des enfants de 7 à 12 ans souffrant de troubles sévères du développement et de la relation.

Les médecins, les éducateurs spécialisés, un organiste, Baptiste Genniaux, et l'équipe du festival Toulouse les Orgues, ont travaillé de concert, c'est le cas de le dire, pour éveiller à la musique ces enfants confrontés à l'exclusion scolaire et sociale.

Cet éveil musical a d'autres effets: affirmer l'identité des enfants, «leur sensibilité propre, sans enjeu de réussite ou de jugement, mais (en étant) capables de respecter un cadre et certaines contraintes liées à l'instrument ou au contexte», explique le professeur Jean-Philippe Raynaud, chef du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Toulouse, dans l'ouvrage Humanités, 10 ans d'arts et de culture dans les CHU.

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Christian Paire

Né en 1948 en France

- Nommé directeur général du CHUM en mai 2009

- 2002-2009: Directeur général du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen

- 1994-2002: Directeur du personnel et des relations sociales aux Hôpitaux de Paris

- 1993-1994: Conseiller santé auprès des ministres Simone Veil et Philippe Douste-Blazy

- 1991-1993: Directeur de l'Inspection générale et de l'Audit aux Hôpitaux de Paris

- 1987-1991 : Directeur du CHU de Bicêtre

- 1985-1987 : Chef du service des personnels médicaux aux Hôpitaux de Paris

- 1980-1985 : Directeur du Groupe hospitalier Saint-Vincent-de-Paul à Paris

- Trois ans de formation à la direction d'hôpital à Rennes

- Études en droit, philosophie et sciences politiques