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Fondation Schweitzer : 1,5 million pour les artistes atteints du sida

John Schweitzer... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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John Schweitzer

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Mario Cloutier

C'était la Journée sans art hier. Cette riposte des communautés artistiques du monde entier à la crise du sida se tient lors de la Journée mondiale du sida. Pas de quoi se réjouir à première vue, mais John Schweitzer, lui, a vu les choses évoluer dans le bon sens depuis 15 ans.

Créée en 1994, la Fondation John A. Schweitzer a donné 1,5 million à 150 artistes atteints du sida. Cette année, l'artiste philanthrope a décidé de hausser la mise en offrant 15 000$ aux 10 lauréats des bourses d'artistes.

«Le changement c'est qu'au départ, les bourses servaient à faire un bilan, surtout à archiver les oeuvres de créateurs qu'on allait perdre à la maladie. Aujourd'hui, dit-il le regard brillant, on ne parle plus au passé. Le vent a tourné grâce à la science, et on parle de vies et d'oeuvres futures, de la prolongation de la vie créative. Ça me réjouit énormément.»

Chaque année depuis 15 ans, donc, John Schweitzer reçoit environ une centaine de candidatures d'artistes du monde entier, notamment du Canada. Seuls les artistes qui ont le sida et qui peuvent le démontrer par un certificat médical sont toutefois admissibles. Ce sont d'ailleurs les centres de santé qui réfèrent bien souvent les artistes visuels.

«En 15 ans, tous les continents ont été représentés, précise-t-il. Les deux tiers des lauréats sont des hommes et il y a plusieurs histoires fort touchantes parmi les artistes sélectionnés, mais je ne peux pas les raconter.»

En effet, aucun des 150 lauréats n'a voulu, au cours des ans, dévoiler son nom publiquement. «Comme quoi, les choses changent, estime M. Schweitzer, mais beaucoup de préjugés demeurent.»

Un artiste pour la cause

Ancien galériste, marchand d'art, collectionneur et commissaire indépendant, John Schweitzer se consacre dorénavant principalement à la création.

Alliant textes et matériaux mixtes, ses collages sont des constructions à la fois savantes et ludiques.

Même s'il passe plus de temps à New York et Miami, sa Fondation lui tient toujours autant à coeur après 15 ans. Son conjoint, depuis 31 ans, et lui ont vu trop d'amis disparaître pour se contenter de croiser les bras.

«Quand j'ai fermé la galerie en 1994, raconte-t-il, je voulais faire quelque chose contre le sida. Robert Mapplethorpe et Louis Comtois y avaient succombé quelques années auparavant. C'était juste avant l'invention de la trithérapie. Il y avait urgence.»

Il dit déplorer cependant le fait que la médication et les traitements disponibles aujourd'hui aient amené beaucoup trop de jeunes à abandonner «tout souci de prévention puisqu'il existe, croient-ils, maintenant un remède miracle guérissant le sida». Ce qui n'est évidemment pas le cas.

Auparavant, John Schweitzer avait organisé en 1986 la toute première vente aux enchères au Canada pour soutenir la Fondation de recherche sur le sida avec 125 oeuvres d'artistes comme Marcel Barbeau, Betty Goodwin, Alfred Pellan et Michael Snow.

Journée mondiale

Lancée par l'organisme new-yorkais Visual AIDS en 1989, Journée sans art a vite franchi les frontières. Dans plusieurs cas, les musées et les galeries ferment pour quelques heures ou une journée, mais plusieurs autres initiatives originales ont vu le jour en 20 ans.

Cette année, même Pékin s'est joint au mouvement. Un OBNL d'art contemporain a enrôlé une brigade de jeunes élèves qui ont distribué rubans rouges et autocollants pour faire hier la promotion de la lutte contre le sida dans le district des arts.

À Venise, pendant ce temps, 10000 autocollants et affiches ont été exposés partout en ville lors d'un projet intitulé «New York Memories».

Plus près de nous, le Musée d'art contemporain a souvent contribué à la manifestation dans le passé: avec des présentations temporaires, dont une oeuvre du Cubain Felix Gonzalez-Toress, lui aussi victime du sida en 1996, ainsi que l'exposition Art et sida, des médias à la métaphore, en 1992.

 




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