La santé économique des radios privées commerciales québécoises se porte bien. Selon les chiffres révélés hier par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), les revenus des stations AM et FM ont augmenté entre 2004 et 2007.

Nathaëlle Morissette

Au cours de ces trois années, les revenus des radios privées du Québec - bandes AM et FM, toutes langues confondues - sont passés de 230,5 millions à 267 millions. Le même phénomène s'est produit dans l'ensemble du pays avec une augmentation allant de 1,2 milliard à 1,5 milliard.

Cet accroissement est lié à l'augmentation des revenus des recettes publicitaires qui ont connu une croissance de 4,8 % entre 2006 et 2007 au pays. Malgré ces profits, plusieurs diffuseurs québécois affirment qu'on doit leur donner une plus grande marge de manoeuvre, comme la possibilité de diminuer les quotas de musique francophone de 65 à 50 %, s'ils ne veulent perdre leurs auditeurs qui délaissent peu à peu la radio.

«Cette croissance de revenus va avec la santé de l'économie, souligne André St-Amand, vice-président à la programmation de Rythme FM. Je ne veux pas parler pour l'ensemble des radiodiffuseurs, mais cette hausse ne devrait pas être le seul critère pour dire que le public est bien desservi par la radio, poursuit-il. Les heures d'écoute baissent.»

Selon lui, il n'y a pas de diversité de formats à la radio québécoise. «Si je veux ouvrir une station spécialisée de hip-hop par exemple, je ne peux pas le faire car je n'ai pas assez de matériel francophone pour respecter les quotas.» Et c'est ce qui explique pourquoi les gens commencent à se désintéresser de la radio, estime-t-il.

Dans cette optique, M. St-Amand croit que les revenus des radios commerciales vont stagner au cours des prochaines années.

Le FM domine

Par ailleurs, à la grandeur du pays en 2007, les stations de radio FM ont occupé le haut du pavé avec des revenus dépassant 1,1 milliard alors que celles de la bande AM ont affiché des profits de 329,4 millions.