SOS Homophobie pointe la «permanence» d'une homophobie «à tous les niveaux de la société», appelant les autorités à plus de vigilance à l'égard des violences visant la communauté gay et transsexuelle, en forte hausse sur internet, dans le rapport 2009 du regroupement, rendu public jeudi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«La visibilité accrue des lesbiennes et des gays ne doit pas masquer la permanence et la violence d'une homophobie présente à tous les niveaux de la société», a souligné Jacques Lizé, président de SOS Homophobie, lors d'une conférence de presse en France.

SOS Homophobie a ainsi appelé les pouvoirs publics et les entreprises à se monter davantage vigilants.

Dans son rapport, l'association  indique qu'en 2008, en France, le premier motif des appels qui lui sont parvenus a concerné une fois encore le milieu professionnel (16% des 1.246 témoignages recueillis en 2008, contre 17% en 2007).

En revanche, la part des discours homophobes sur Internet (15% en 2008 contre 11% en 2007), marquée par une «très forte progression», constitue une nouveauté que pointent les rédacteurs du rapport. «C'est un lieu de l'anonymat où se déchaînent des propos homophobes d'une très grande violence», a déclaré en conférence de presse Jacques Lizé. «Internet est devenu un défouloir», a-t-il ajouté.

Tous les sites sont ainsi concernés, qu'il s'agisse de sites religieux, blogues, forums de discussions ou des réseaux sociaux comme Facebook où l'on trouve, par exemple, des groupes de «lutte contre l'homosexualité».

Des messages comme «ceci est un sodomite, c'est un pervers» ou «il était de mettre un point d'arrêt à la déferlante des pro-homos et à leur terrorisme intellectuel imbuvable», rapportés par 186 témoignages (soit 15% des appels et courriels reçus en 2008).

En 2008, les agressions physiques, qui ont sensiblement baissé par rapport aux six années précédentes, ont le plus souvent été le fait du voisinage (26% des cas), commis dans des lieux publics (25%) ou par la famille (15%). Ces violences ne ciblent pas seulement des homosexuels «avérés» puisque la seule apparence vestimentaire a été à l'origine d'agressions selon les témoignages.