Le groupe internet américain Google a annoncé mardi que l'accès à son site de partage de vidéos YouTube était bloqué en Chine depuis lundi, et qu'il ne savait pas pourquoi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«YouTube est bloqué en Chine depuis hier» lundi, a déclaré à l'AFP un porte-parole de Google, Scott Rubin.«Nous travaillons aussi vite que possible pour rétablir l'accès de nos usagers (au site) en Chine», a-t-il dit.

Un porte-parole du consulat de Chine à San Francisco a indiqué à l'AFP ne pas avoir d'information sur un éventuel blocage de YouTube en Chine.

Ce blocage intervient alors que des responsables du gouvernement de Pékin ont mis en cause publiquement l'authenticité d'une vidéo qui montrerait la police battant à mort un manifestant tibétain l'an dernier.

L'Agence Xinhua (Chine Nouvelle) a cité une source gouvernementale non identifiée indiquant que des partisans du dalaï-lama «fabriquaient des mensonges» en falsifiant une vidéo pour «tromper la communauté internationale».

Reporters sans frontières a dénoncé le blocage de YouTube, le qualifiant d'«acte rétrograde de censure».

«L'illusion d'ouverture donnée en août dernier pendant les JO de Pékin, lorsque quelques sites avaient été débloqués sous la pression des journalistes étrangers, s'est dissipée depuis longtemps», explique l'organisation de défense de la liberté de la presse, dans un communiqué.

Le blocage de YouTube ne doit pas faire «oublier que des milliers de sites internet chinois et étrangers sont régulièrement bloqués par un pays qui a mis en place un système très sophistiqué de contrôle et de surveillance du Net et qui est la plus grande prison du monde pour les cyberdissidents», ajoute Reporters Sans Frontière, qui a dénombré 49 cyberdissidents incarcérés en Chine.

Il y a un an, l'accès à YouTube avait été bloqué après la diffusion d'une vidéo sur des manifestations sanglantes à Lhassa, la capitale du Tibet.

Des prises de vue montrant des troupes chinoises apparemment en train de battre des manifestants tibétains lors des émeutes de l'an dernier à Lhassa et dans ses environs ont fait leur apparition sur YouTube ces derniers jours. L'origine de ces vidéos mises en ligne par un groupe de Tibétains en exil, ainsi que la date et le lieu de leur enregistrement n'ont pas été confirmés de source indépendante.

La vidéo montre des centaines de soldats chinois en uniformes courant dans un monastère tibétain, certains battant un homme avec des bâtons.

Une autre scène montre des soldats en uniformes frappant à coups de pieds et battant plusieurs hommes et femmes au sol, certains avec les mains liées derrière le dos.

Le commentaire de la vidéo affirme qu'il s'agit de scènes de violence filmées lors de la répression des émeutes dans la capitale tibétaine le 14 mars 2008.

Les autorités chinoises ont déployé depuis le début du mois de mars d'importants moyens sécuritaires de peur que cet anniversaire, ainsi que celui du soulèvement manqué contre Pékin qui avait conduit au départ en exil du dalaï-lama en 1959, ne provoquent de nouvelles émeutes.

Les autorités chinoises n'ont cependant pas voulu confirmer la nouvelle. «Pour l'instant, nous n'avons pas d'informations à vous fournir», a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.