La liste des victimes du présumé cyberprédateur Nicolas Stone s'allonge. De nouvelles accusations de contacts sexuels et de leurre d'enfants ont été portées contre ce graphiste montréalais de 34 ans, hier, au palais de justice de Longueuil.

Mis à jour le 21 févr. 2009
Caroline Touzin
Caroline Touzin LA PRESSE

Les enquêteurs de la police de Longueuil ont découvert trois nouvelles mineures avec qui Stone aurait eu des contacts sexuels. Au total, l'accusé est soupçonné d'avoir leurré une cinquantaine de victimes sur l'internet, toutes des adolescentes de 13 à 16 ans. De ce nombre, Stone en aurait rencontré au moins six en personne.

 

Au moment de son arrestation en mai dernier, ses ordinateurs au travail et à la maison ont été saisis. L'homme travaillait alors comme graphiste au siège montréalais de l'Association internationale du transport aérien. Il est marié et père de trois jeunes enfants.

Les enquêteurs ont mis plusieurs mois à analyser le contenu des ordinateurs. C'est pourquoi de nouvelles accusations ont été ajoutées, hier. Quelque 75 chefs d'accusation ont été portés contre lui depuis son arrestation, dont leurre informatique, agression sexuelle sur une mineure, contacts sexuels ainsi que possession et production de pornographie juvénile.

Selon la preuve qui a été rassemblée, sur le Net, M. Stone se serait fait passer pour un graphiste de 24 ans du nom de Guillaume, qui travaillait pour une agence de publicité. Il fréquenterait des sites populaires chez les adolescentes comme «Do you look good?». Après avoir établi un premier contact, il aurait demandé à l'adolescente de lui fournir son adresse MSN pour continuer à clavarder. La police a intercepté plus de 20 000 pages de discussions sur MSN entre l'accusé et ses victimes.

Nicolas Stone donnait rendez-vous à ses victimes chez leurs parents, lorsque ceux-ci étaient absents, dans sa voiture ou dans des motels, selon la preuve dévoilée plus tôt dans le processus judiciaire. La première victime à avoir porté plainte est âgée de 13 ans. Elle aurait rencontré Stone à deux reprises. Ce dernier l'avait d'abord convaincue de s'exhiber nue devant sa webcam. Il l'a ensuite rencontrée une première fois chez elle, puis une seconde, dans un motel de Saint-Hubert. À son retour à la maison, l'adolescente a confié à ses parents avoir eu des relations sexuelles complètes avec un adulte.

M. Stone, représenté par l'avocat Robert La Haye, a plaidé non coupable à toutes les accusations portées contre lui. Il est détenu en attendant son procès. Il sera de retour en cour le 28 mai.