Le magnat de la presse Rupert Murdoch a prédit mercredi un avenir très sombre aux journaux imprimés aux États-Unis, de plus en plus concurrencés par l'internet et les gratuits, mais jugé que cela constituait une «formidable opportunité pour le Wall Street Journal».

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Tous vont avoir des problèmes. Dans les 5 ou 10 ans, cela ne sera plus économiquement viable de les imprimer», a-t-il déclaré lors de la conférence «All Things Digital» organisée par le Wall Street Journal à Carlsbad (ouest).

«Au cours des 6 derniers mois, les recettes publicitaires moyennes des journaux aux États-Unis ont baissé de 10 à 30%. Au cours des 5 ou 10 dernières années, ils ont fait toutes les économies possibles dans la production, avec les ordinateurs, mais pas dans le journalisme».

«Maintenant ils vont devoir économiser sur le journalisme, et ils vont se détériorer terriblement», a prédit M. Murdoch, dont l'empire de presse News Corp. possède plus de 170 titres dans le monde.

«Certains pourraient disparaître. Et ils vont être concurrencés par les journaux locaux, ainsi que par les gratuits, qui jusqu'ici ne ne sont pas rentables ou à peine, mais peuvent bouleverser le modèle économique des journaux».

«Mais tout cela crée une énorme opportunité pour le Wall Street journal», a-t-il poursuivi, expliquant vouloir atteindre «les 10% les plus éduqués du pays».

Pour le WSJ, «l'imprimé est encore là pour 20 ans», a-t-il estimé, et entre-temps «le site internet du journal deviendra de plus en plus important, et rentable aussi».

Il a expliqué vouloir nettement élargir la partie gratuite du site du Wall Street Journal -- qui représente actuellement bien moins de 20% du site --, avec des informations de base, mais d'un autre côté jugé qu'il avait une large marge de manoeuvre pour accroître le prix de la partie payante, «avec des analyses et des détails pour lesquels les gens paieront».

«Les abonnements moyens du WSJ sont de 125 dollars par an, le New York Times de 500 dollars, il ya une grande marge pour faire payer mes lecteurs», a-t-il lancé.

Il a dit viser 50 millions de visiteurs uniques par mois pour le site et développer fortement la publicité et à nouveau souligné vouloir développer les nouvelles généralistes, pour concurrencer le New York Times comme principal journal national aux États-Unis.

Il a enfin évoqué des améliorations qu'il voulait faire au WSJ, en déclarant que «par exemple chaque article du WSJ est écrit ou relu par en moyenne 8,3 personnes, c'est ridicule». Il a aussi souhaité, sur un ton mi-sérieux mi-plaisantin, des articles «moitié plus courts».