La Chine, qui fait depuis plusieurs années la chasse aux cartes «illégales» de son territoire, a lancé une enquête sur plusieurs services internet de cartographie, dont ceux des géants américain Google et chinois Sohu, a affirmé le Quotidien du peuple.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Arguant une nouvelle fois de la nécessité de protéger des secrets d'Etat et une représentation fidèle de son espace, les autorités ont lancé le mois dernier cette enquête qui devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, a indiqué sur son site internet le quotidien, citant Min Yiren, chef adjoint du Bureau d'Etat de cartographie et topographie.

Le quotidien officiel cite nommément Google, Sohu et Baidu, autre grand moteur chinois, comme étant visés par cette enquête, menée conjointement par huit ministères, dont le Bureau de cartographie et le ministère de la Sécurité publique.

Les autorités de Pékin entendent maintenir un strict contrôle de la représentation des frontières chinoises, incluant selon elles Taïwan, les îles Spratleys et Paracels, dont Hanoï et Pékin se disputent la souveraineté en mer de Chine méridionale, et les îles Diaoyu (ou Senkaku), contestées par le Japon en mer de Chine orientale.

Elles imposent aux étrangers désireux de mener des études topographiques, hydrographiques ou de cartographie d'avoir l'aval du gouvernement central et de travailler sous le contrôle des autorités locales.

Pourtant, la plupart des 10 000 sites de cartes opérant en Chine mettent en ligne des cartes qui n'ont pas été approuvées officiellement, selon de précédentes informations des médias officiels.

Le Bureau avait déploré 759 cas d'enquêtes topographiques illégales en 2006, dont «beaucoup» impliquaient des étrangers.

Deux d'entre eux, japonais, avaient notamment été expulsés cette année-là et condamnés à une amende de quelque 10 000 dollars pour avoir collecté des données sur un aéroport et des installations d'eau au Xinjiang, province du nord-ouest chinois.