Il arrive que des sites Internet appartenant à des particuliers et de petites entreprises deviennent orphelins. Qui sautent sur l'occasion pour les prendre sous leurs ailes? Souvent des compagnies de casinos virtuels et de sites pornographiques.

Claude Plante LA TRIBUNE

Il arrive que des sites Internet appartenant à des particuliers et de petites entreprises deviennent orphelins. Qui sautent sur l'occasion pour les prendre sous leurs ailes? Souvent des compagnies de casinos virtuels et de sites pornographiques.

C'est peut-être ce qui est arrivé dans les cas des liens qui se sont retrouvés sur la page web de l'école secondaire Le Triolet de Sherbrooke, et qui donnaient la possibilité aux internautes d'aboutir sur des sites Internet indésirables, comme des catalogues de casinos en ligne et des sites pornographiques.

Selon Simon Castonguay, conseiller en soutien technique à La Tribune, les sites deviennent caduques quand leurs propriétaires se désintéressent et arrêtent de payer leur cotisation annuelle pour les garder actifs.

«Si les gens ou les entreprises arrêtent de payer, ils perdent leurs droits sur le nom de domaine ou le site. Ça peut être des compagnies de jeux en ligne et de pornographie qui vont les acheter», analyse l'informaticien.

«C'est souvent des sites personnels ou de petites entreprises. Ces gens les abandonnent par manque d'intérêt ou parce qu'ils ne veulent plus payer leur cotisation. Quand tu arrêtes de payer la cotisation à une entreprise qui gère les noms de domaine, tu perds la garantie que ton adresse va demeurer valide.»

Alors, si une entreprise peu scrupuleuse a un oeil sur une adresse Internet intéressante, elle peut se la procurer pour en faire un site pornographique ou autre. C'est peut-être ce qui est arrivé avec le lien «Next Generation» qui se retrouvait sur le site du Triolet. Au départ, ajoute M. Castonguay, ce site pouvait avoir un intérêt pour les adolescents.

Toutefois, les droits n'ont pas été acquittés et une entreprise de casino virtuel l'a saisi. «Il faut donc garder un contrôle étroit des adresses qui se retrouvent en lien sur nos sites», dit-il.

Depuis la création du premier casino virtuel en 1995, le nombre de sites de jeux de hasard a explosé sur Internet, révélait récemment le journal La Presse.

Selon une enquête menée conjointement par le Centre québécois d'excellence pour la prévention et le traitement du jeu (CQEPTJ) et l'Institut de la santé publique du Québec en 2002, entre 35 000 et 55 800 Québécois sont des joueurs pathologiques, soit environ 1 % de la population.

Très peu de personnes consultent uniquement pour un problème de jeu sur Internet. Mais les casinos virtuels contribuent au phénomène du jeu compulsif parce qu'ils sont très accessibles, signale-t-on.

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