Des palmiers au bord de l'eau, des chaises longues, des jeunes gens bronzés et musclés qui arborent des tee-shirts «I love Sarkozy»: après Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen qui disposent déjà de permanences virtuelles, Nicolas Sarkozy a désormais une «île» dans Second Life, créée et détenue par le blogueur Loïc Le Meur.

AFP

Des palmiers au bord de l'eau, des chaises longues, des jeunes gens bronzés et musclés qui arborent des tee-shirts «I love Sarkozy»: après Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen qui disposent déjà de permanences virtuelles, Nicolas Sarkozy a désormais une «île» dans Second Life, créée et détenue par le blogueur Loïc Le Meur.

«Il s'agit d'une initiative personnelle», a expliqué à l'AFP Loïc Le Meur qui a rejoint depuis peu l'équipe de campagne du candidat de l'UMP à la présidentielle, pour s'occuper d'Internet.

Loïc Le Meur n'a pas voulu que le candidat reste totalement en dehors de ce monde virtuel en trois dimensions (https://secondlife.com), développé par la société californienne Linden Lab, qui connaît un succès croissant.

Le blogueur a donc acheté à titre personnel pour 1800 dollars US une région sur laquelle il a créé notamment une «île Sarkozy» qu'il «prête» aux supporters de Nicolas Sarkozy.

Lancée il y a une semaine, l'île Sarkozy voit passer actuellement environ 15 000 «avatars» ou personnages virtuels par jour, affirme M. Le Meur.

«C'est un lieu de débat et d'échanges», explique à l'AFP une jeune militante, Delphine Ganeau, en promenant son personnage virtuel depuis un ordinateur du QG de campagne de Nicolas Sarkozy.

Son avatar, un barbu nommé Delta Spitteler, engage la discussion avec des visiteurs de l'île: «qu'as-tu pensé du débat lundi soir entre les blogueurs et Jean-Pierre Raffarin qui était retransmis sur Second Life?». «Je me suis endormi», lui répond l'un d'eux.

«Bon, mais vous pensez vraiment que Sarkozy va faire ce qu'il dit? Parce qu'il est déjà ministre et président du parti majoritaire...», s'interroge l'avatar Cemonho Pinion. «Bien sûr qu'il le fera», lui répond Ladiag Beaumont, un grand blond athlétique, alias Thibaut Breton de la Baronnière dans la vie réelle, militant sarkozyste.

Mais Cemonho Pinion, qui porte chemise noire et jeans, «préfère Le Pen». «Marre des gauchistes», lance-t-il.

Delta Spitteler passe au magasin prendre un drapeau français -gratuit- avant d'aller s'asseoir dans la salle de projection dont les murs arborent des portraits de Nicolas Sarkozy.

Une charte de bonne conduite, qui reprend les grands principes de Second Life, est placardée dans l'île. «On ne veut pas d'injures ou de tenues vestimentaires incorrectes», souligne Loïc Le Meur.

L'île compte pour le moment une dizaine de résidents qui se chargent de modérer les propos et d'éjecter ou de bannir les éventuels avatars qui deviendraient injurieux ou agressifs.

C'est le Front National qui a été le premier parti politique français à s'installer sur Second Life en décembre 2006. A l'initiative d'un membre du Front national de la jeunesse de la Moselle, une boutique et un espace de discussion ont été créés pour promouvoir la candidature de Jean-Marie Le Pen. Les sympathisants peuvent notamment venir y déposer dans un tronc des dons en linden dollar -la monnaie virtuelle de Second Life, convertible en dollars US-.

La candidate socialiste Ségolène Royal a embrayé le pas en donnant son feu vert à la mi-janvier à la création sur Second Life d'un «comité local« -le 748ème- de son association Désirs d'avenir.

«Contrairement à Loïc Le Meur qui a choisi une île, nous avons acheté un terrain au milieu des autres pour construire un lieu totalement ouvert», a déclaré à l'AFP le fondateur de ce comité, dont l'avatar se nomme Le Migou Khondji.

Quand on sort du comité, on tombe en ce moment sur un casino et de la publicité pour des «escort girls». «Oui mais nous on ne veut pas être à part», explique Le Migou Khondji.

À lire aussi:

La présidentielle française dans Second Life

Une fausse Ségolène Royal dans Second Life