Des ratés dans un programme de l'armée américaine pourraient affecter la fiabilité du populaire système de positionnement GPS au cours des prochaines années, avertit le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis.

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche LE SOLEIL

Dans un rapport récent, le GAO, équivalent américain de notre vérificateur général, souligne qu'une proportion significative des 31 satellites actuellement dédiés au Global Positioning System (GPS) ont déjà dépassé leur durée de vie utile et qu'au cours des prochaines années, les satellites qui cesseront de fonctionner ne pourront pas tous être remplacés. Le GPS a besoin de 24 satellites pour maintenir sa fiabilité à son niveau actuel.Or, le programme de la Défense américaine - laquelle, rappelons-le, a mis le système en place et s'occupe seule de le maintenir, mais permet tout de même aux civils de s'en servir - sensé remplacer ces satellites «a dépassé son coût original de 729 millions $ par environ 870 millions $ et le lancement de son premier satellite a été repoussé jusqu'à novembre 2009, un retard de presque trois ans», signale le GAO.

Nouveau programme

Devant ces dépassements de coûts, la Défense a lancé un nouveau programme de remplacement, mais ses premiers satellites ne seront mis en orbite qu'en 2014. Si tout se déroule comme l'espèrent les militaires, il y aurait au moins de 5 % des chances pour que le nombre de satellites opérationnels tombe sous la barre des 24 dès l'an prochain, et environ 20 % en 2014, estime le vérificateur.

Cependant, celui-ci ne semble pas croire les prévisions de la Défense. Le GAO qualifie en effet d'«optimiste» et de «comprimé» l'échéancier du nouveau programme de satellite, qui revient à produire ce que le précédent devait livrer en deux fois moins de temps. De nouveaux retards sont donc fort possibles. S'ils devaient atteindre deux ans - c'est l'exemple que donne le GAO dans son rapport -, il y aurait alors 90 % des chances pour que le GPS ne puisse plus compter sur 24 satellites d'ici 2018.

Le document fait état d'autres systèmes de positionnement que sont en train de mettre sur pied, parallèlement, la Russie, l'Union européenne et la Chine, mais ne dit pas s'ils pourront dépanner les utilisateurs de l'éventuel système américain.