De Marque continue de se tailler une place de plus en plus grande en France. L'entreprise de Québec vient de conclure une entente avec le groupe Gallimard et avec le groupe La Martinière, qui utiliseront la solution informatique proposée par De Marque pour l'entreposage et la gestion des accès aux versions numériques des oeuvres qu'ils éditent et distribuent.

Yves Therrien
Yves Therrien LE SOLEIL

La plateforme qui servira de base aux deux groupes est celle que De Marque et Prosemédia mettent en place dans le but de répondre aux besoins de l'Association nationale des éditeurs de livres du Québec (ANEL).

Selon Clément Laberge, vice-président du service d'édition numérique chez De Marque, joint en France hier, cette entente est importante non seulement parce que deux groupes français misent sur la technologie québécoise pour prendre le virage du numérique, mais aussi parce qu'elle vient valider la solution retenue par les éditeurs québécois.

Dès l'automne, les oeuvres publiées et distribuées par ces deux groupes seront hébergées au Québec. Selon M. Laberge, la décision de Gallimard et de La Martinière a aussi causé un choc chez Hachette et Éditis, qui voient deux concurrents s'unir pour faire face au défi numérique.

Décision stratégique

«Les éditeurs ont pris une décision stratégique, rappelle M. Laberge, car si le marché des livres numériques est relativement petit aujourd'hui, la restructuration vers les ventes en ligne est bel et bien amorcée comme ce fut le cas avec la musique. »

D'ailleurs, Archambault et Renaud-Bray ont affirmé récemment qu'ils feraient les adaptations nécessaires pour se brancher sur la passerelle québécoise l'ANEL a déposé un peu plus d'un millier d'oeuvres en format numérique. De plus, l'entente avec les deux groupes français crée un pont pour l'éditeur québécois pour la diffusion de ses livres en Europe.

Si le système est opérationnel au Québec, De Marque devra apporter des ajustements et développer des fonctionnalités à la demande des deux groupes français pour la mise en fonction à l'automne. Cela pourrait amener la création de nouveaux emplois à court terme.

La plateforme québécoise est composée d'un entrepôt numérique et d'un ensemble de passerelles pour accéder aux oeuvres selon les modalités définies par les éditeurs. Ces derniers entreposent leurs fichiers de façon sécuritaire pour permettre la commercialisation sous forme d'accès en ligne ou de téléchargement, de même que leur mise en valeur sur Internet, dans les librairies en ligne et sous forme d'extraits feuilletables, précise le communiqué de De Marque.