La course aux mégapixels est toujours chaudement disputée dans le marché des appareils photo numériques. De trois, à six, à 12 à 15 millions de pixels, les photos sont sans cesse plus nettes et plus claires. Prochaine étape: s'attaquer aux limites du format de fichiers JPEG.

Alain McKenna LA PRESSE

La plupart des propriétaires d'appareils photo numériques ont remarqué que leur appareil attribue généralement un nom de fichier à chacune des photos qu'il enregistre sur sa carte mémoire. Ce nom comprend généralement un numéro et, dans le meilleur des cas, la date. On y retrouve aussi une extension de fichier, les quatre derniers caractères (parfois invisibles) qui indiquent qu'il s'agit bel et bien d'une photo numérique, et pas, par exemple, d'un fichier musical ou d'un document texte. La plupart du temps, cette extension est « .jpg », ce qui signifie que le fichier est en réalité une image au format JPEG, le format de compression qui se veut la norme dans l'univers de la photo numérique grand public. JPEG est l'acronyme du Joint Photographic Experts Group, un regroupement d'entreprises et d'experts en photographie. Pour résumer, le format JPEG est une norme utilisée par tous qui offre un compromis entre un fichier de taille raisonnable et une quantité d'information qui pourrait être presque illimitée. Autrement dit, quand l'appareil enregistre une photo dans ce format, il élimine certaines données jugées superflues, qui ne sont pas perçues par l'oeil humain, et en abrège d'autres, comme la profondeur des nuances dans les dégradés de couleur. Le résultat: une image de bonne qualité qui peut être stockée sur des cartes mémoire de capacité modeste.

La photo à l'état brut

Or, voilà. Les cartes mémoire de nouvelle génération, comme celles de format SDHC (pour « Secure Digital High Capacity »), haussent la barre à ce niveau. Les nouvelles cartes mémoire peuvent emmagasiner plusieurs gigaoctets d'information, l'équivalent de centaines, voire de milliers de photos numériques au format JPEG.

Par exemple, la société SanDisk offre une carte CompactFlash qui peut stocker 16 gigaoctets d'information, soit plus de 2500 photos. Elle vend également une carte SDHC de même format. Celle-ci a l'avantage de coûter presque moitié moins cher que l'autre. La plupart des appareils photo automatiques d'entrée de gamme utilisent par ailleurs ce format, les modèles plus sophistiqués ayant recours au format CompactFlash.

Bref, c'est pourquoi certains fabricants pensent qu'il est temps de passer à l'étape suivante: celle où on enregistre les photos numériques à l'état brut, sans compression. Autrement dit, sans perte de données. Les fichiers qui en résultent sont reconnus comme des fichiers RAW, ou, littéralement, bruts. Ainsi, la société Canon propose depuis un an le Powershot G9, un des rares appareils automatiques sur le marché à pouvoir sauvegarder des images dans ce format.

Cela dit, même si on parle des fichiers RAW de façon générique, il faut préciser qu'il s'agit en réalité d'un format qui diffère d'un fabricant d'appareils photo à l'autre, et qui n'est pas aussi simple à utiliser que le format JPEG.

Règle générale, un fichier RAW contient toute l'information que peut produire le capteur de l'appareil. Cela comprend l'information exacte de chacun des pixels dans l'image, toutes les données possibles sur les réglages de l'appareil au moment de la saisie et un traitement des couleurs plus approfondi. On dit qu'un fichier RAW est si fidèle à la réalité qu'il peut être admis en preuve par les tribunaux, contrairement à d'autres formats qui peuvent être manipulés et truqués. D'ailleurs, un fichier RAW n'est accessible qu'en lecture seule. Si on effectue des retouches sur l'image qu'il contient, il faut en sauvegarder le résultat séparément.

L'avantage réel de ce format est le niveau de retouches qu'il est possible d'effectuer par la suite: avec un logiciel conçu à cette fin, il est possible de récupérer des images sous-exposées ou, à l'inverse, surexposées. Sans parler des effets qu'il est possible d'ajouter à l'image. En contrepartie, il faut compter sur des fichiers plus imposants qui rempliront rapidement une carte mémoire de moindre capacité.

La vidéo haute définition pour tous

Il n'y a pas que les appareils photo qui haussent la barre en matière de qualité d'image. Les caméscopes aussi. Il faut dire qu'ils sont poussés par une tendance généralisée, dans le marché de la télévision, vers la haute définition. Sauf que cette année, de nouveaux modèles simples et compacts ont fait leur apparition et rendent enfin la vidéo numérique HD accessible au grand public.

Sanyo a lancé plus tôt cet automne le Xacti HD1010, la deuxième génération de son populaire caméscope HD. De son côté, Sony a introduit le HDR-HG1, un caméscope Handycam ultracompact qui peut néanmoins filmer en haute définition. À noter que tous deux créent des séquences vidéo dans un format HD élevé, d'une résolution de 1920 x 1080 pixels. D'autres caméscopes HD existent, mais plusieurs se limitent à une résolution légèrement inférieure de 1280 x 720 pixels. Le modèle de Sony, en prime, enregistre le son en format ambiophonique (à cinq canaux).

Comme dans le cas de la photo numérique, l'une des principales limites des caméscopes HD est la capacité de stockage de leur carte mémoire. Cette technologie est également très exigeante pour la pile de l'appareil. Au mieux, l'un ou l'autre de ces facteurs limitera l'enregistrement en pleine HD à une quarantaine de minutes tout au plus.

Le message est cependant clair et net: plus la mémoire de ces appareils s'améliorera, plus la qualité des images qu'on peut produire, à coût relativement modique, sera elle aussi en hausse.

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