Digimart, que d'aucuns considéraient comme la plus visionnaire des rencontres professionnelles de l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel dans un environnement numérique, n'est plus. Après deux présentations mémorables de l'événement automnal montréalais au Complexe Ex-Centris (en 2005 et en 2006), le conseil d'administration Digimart a décidé de fermer boutique.

Alain Brunet LA PRESSE

Digimart, que d'aucuns considéraient comme la plus visionnaire des rencontres professionnelles de l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel dans un environnement numérique, n'est plus. Après deux présentations mémorables de l'événement automnal montréalais au Complexe Ex-Centris (en 2005 et en 2006), le conseil d'administration Digimart a décidé de fermer boutique.

«Ça fonctionnait très bien au plan des contenus, nous avons obtenu un franc succès d'estime. Je ne connais aucun équivalent : qualité des participants, auditoire de pionniers, ouverture sur la créativité et l'indépendance des contenus», raconte Sheila de La Varende, qui fut la directrice générale de Digimart.

Quant au succès commercial...

«Les organismes publics (Téléfilm Canada, la SODEC, Développement économique Canada, etc.) nous ont tous soutenus avec enthousiasme. Or, du côté privé, ça a été difficile de réunir les sommes nécessaires à la bonne marche de l'événement. Nous avions un manque à gagner qui ne cessait de grimper, notre déficit en 2006 était encore plus considérable que celui de l'année précédente. Le conseil d'administration a décidé de ne pas poursuivre l'expérience.»

Sheila de La Varende n'a pas voulu dévoiler la somme exacte du manque à gagner du Digimart, ni la participation exacte de Daniel Langlois dans l'organisme à but non lucratif dont il fut l'initiateur et le président du conseil d'administration. L'ex-directrice générale aura néanmoins accepté de dévoiler le budget annuel d'exploitation de la défunte entreprise, c'est-à-dire environ 600 000 $. Mme de La Varende n'a pas non plus voulu établir de corrélation entre la santé de Digimart et celle des entreprises de Daniel Langlois. «Il faudrait le lui demander», a-t-elle tranché, ajoutant que Langlois n'était pas le principal bailleur de fonds de Digimart.

De La Varende, en fait, préfère associer la mort de Digimart à la faible commandite privée. «Nous avions de bons commanditaires, mais pas assez importants pour assurer notre avenir», affirme-t-elle.

Les revenus générés par les participants auraient pu être plus considérables, estime-t-elle en outre.

«Nous croyions que les changements technologiques auraient été plus rapides dans le monde du cinéma et des nouveaux médias. En 2005, on parlait beaucoup du Digital Cinema Initiative aux États-Unis, dont l'issue était la mutation de la distribution des films en salle. Si les salles étaient passées plus rapidement en mode numérique, le modèle d'affaires aurait changé plus rapidement, nous aurions attiré plus de monde.»

«Cette mutation, pense Mme de La Varende, se produira de toute façon mais ça a pris trop de temps pour Digimart, car nous n'avons pu réunir suffisamment d'acteurs de l'industrie comme nous aurions aimé le faire - 311 l'automne dernier, pas tous payants... Seuls les plus visionnaires et les férus des nouvelles technologies s'y sont pointés. Nous aurions préféré faire converger à Digimart toute la chaîne d'exploitation de cette industrie en mutation mais... force est de constater que nous évoluons encore dans un modèle d'affaires traditionnel.»

Technaute au Digimart 2006:

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