Les générations se suivent et ne se ressemblent pas. Quand les jeunes et les vieux se côtoient dans un univers professionnel, le choc des générations se fait parfois sentir, surtout quand il est question de technologie.

Publié le 11 oct. 2006
Marie-Eve Morasse TECHNAUTE.CA

Les générations se suivent et ne se ressemblent pas. Quand les jeunes et les vieux se côtoient dans un univers professionnel, le choc des générations se fait parfois sentir, surtout quand il est question de technologie.

Êtes-vous natif ou un immigrant de l'univers techno? Êtes-vous nés dans un univers technologique, ou avez-vous appris à y habiter?

Voilà la question que pose René Barsalo, directeur des stratégies et partenariats à la Société des arts technologiques (SAT), un centre montréalais voué au développement de la culture numérique.

Dans le cadre de la conférence Webcom 2006, ce dernier est venu expliquer que les immigrants du numérique et les natifs traversent une période d'adaptation et qu'ils devront apprendre à cohabiter et à s'écouter.

«Si vous montrez un ordinateur à une personne de plus de 30 ans, la majorité des gens vont admettre que c'est une télévision avec une machine à écrire. Mais les jeunes n'ont jamais connu la machine à écrire! C'est ça être un immigrant numérique: c'est garder ses vieux réflexes», explique-t-il.

Selon son groupe d'âge, chaque personne d'une entreprise est née avec des technologies différentes, ce qui explique que les visions divergent souvent au sein d'une même entreprise.

Les gens âgés entre 20 et 29 ans, souvent des employés, sont nés avec les PC et la réseautique. Les cadres, plutôt âgés de 40 à 50 ans, ont grandi avec la télévision couleur et les mass media. Par contre, les membres de conseil d'administration et les dirigeants d'entreprise sont nés avec la radio et le cinéma. Ils ont aujourd'hui entre 55 et 70 ans. Quant à la génération montante, elle est née avec les cellulaires et Internet.

«Nous sommes dans une période de rupture, dit René Barsalo, qui estime que la transition devrait durer une dizaine d'années. Les jeunes sont nés avec l'interactivité. Ils n'en sont pas conscients et on n'a pas à les rendre conscients de ça. C'est à nous de nous apercevoir qu'on vit un changement.»

Que conseille-t-il alors aux jeunes qui se butent à des entreprises où ils ne se sentent pas compris, où les changements technologiques passent moins bien?

«Il faut faire la démonstration, dit René Barsalo. Si les gens entrent dans l'entreprise en disant: personne ne me comprend, c'est désuet, on entre dans une situation d'affrontement. L'affrontement ne mène nulle part, c'est la démonstration qui est utile.»

Quant aux plus vieux qui se disent que «c'est trop compliqué», le dirigeant de la SAT leur suggère d'intégrer les natifs de l'ère numérique dans leurs décisions.

«Vous ne pouvez pas faire de planification stratégique s'il n'y a pas au moins une personne de moins de 30 ans autour de la table. Ça n'a pas de sens! Vous restez enfermés dans votre vision où personne ne se contredit», dit René Barsalo.

Il rappelle que plus de six foyers canadiens sur dix sont branchés à Internet et que les nouvelles technologies ne font encore que percer.

«Il faut continuer à réfléchir à comment on peut travailler d'une génération à l'autre», dit René Barsalo.