Quel gadget étonnant que ces lunettes intelligentes Ray-Ban conçues par Facebook. Les Ray-Ban Stories sont loin d’être parfaites, n’affichent rien du tout, mais vous permettent de prendre photos et vidéos, de répondre aux appels et d’écouter de la musique. Difficile d’y résister.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

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Facebook semble avoir pris bonne note de la débâcle qu’ont connue les Google Glass, ces lunettes intelligentes annoncées dès 2012 et retirées du marché grand public trois ans plus tard, qui permettaient d’afficher de l’information en toute discrétion.

Nous voici donc en 2021 avec un tout autre concept, appelé Ray-Ban Stories, bien plus modeste, mais au point. Oubliez d’abord les informations qui s’affichent sur l’écran. On a affaire ici à des Ray-Ban classiques, les modèles Wayfarer, Round et Meteor, avec lesquels on offre des verres de différentes couleurs, de soleil, sans force ou fabriquées selon une ordonnance.

Nous avons hérité pour ce test des emblématiques Wayfarer. Les branches sont un peu plus larges et, en y regardant de près, on voit deux petits cercles à l’avant, aux extrémités des lunettes. C’est là qu’on a caché deux caméras de 5 mégapixels. Il faut d’abord télécharger l’application View qui vous connectera à votre compte Facebook et appariera les lunettes à votre téléphone.

Un petit bouton sur le haut des lunettes, côté droit, vous permet de déclencher l’appareil photo. Un coup bref, et on enregistre une vidéo d’une durée maximale de 30 secondes – qu’on peut interrompre en redonnant un autre petit coup. Une pression prolongée, et on prend une photo.

On peut aussi commander les lunettes avec l’assistant vocal de Facebook, qui n’obéit qu’à trois ordres, et seulement en anglais pour l’instant. On peut lui ordonner « Hey Facebook, take a photo » ou « Hey Facebook, take a video », et interrompre l’enregistrement avec « Stop the video ».

Point important, une diode blanche à l’extérieur des lunettes signale à notre entourage que nous sommes en train de filmer ou que nous venons de prendre une photo. Cacher la diode est contraire aux « conditions de service » de Facebook, nous prévient-on.

Les lunettes peuvent stocker 500 photos et 35 vidéos de 30 secondes. Par la suite, tout le contenu enregistré peut être transféré sur le téléphone, pour être exporté et monté avec un logiciel. L’application View permet également de créer de petits montages combinant photos, vidéos et musique.

On peut également répondre au téléphone et faire jouer de la musique. Les lunettes disposent de trois micros et de deux haut-parleurs cachés dans les branches. Une commande de volume tactile permet, en déplaçant le doigt vers l’avant ou l’arrière, de contrôler le volume. En tapotant une fois, on arrête ou on reprend la musique ; deux fois, et on répond à un appel ou on passe à la chanson suivante.

Le plus étonnant, c’est qu’on obtient une bonne qualité sonore avec ces haut-parleurs qui ne sont même pas insérés dans l’oreille. Les appels téléphoniques sont également clairs.

L’autonomie de la pile permet environ six heures d’utilisation « modérée ». Il faut environ une heure dans l’étui pour recharger complètement la pile.

On aime moins

Toutes les précautions de Facebook n’enlèvent pas le fait que ces lunettes peuvent et vont probablement être utilisées à mauvais escient. Par ailleurs, on assure que les seules informations stockées par Facebook sont statistiques, sur l’utilisation des lunettes, et ne concernent pas le contenu. Les nombreuses controverses concernant la confidentialité ces dernières années nous rendent quelque peu méfiants.

Les photos et vidéos pris avec les Ray-Ban Stories sont honnêtes, sans plus. N’importe quel téléphone de milieu de gamme fait mieux pour le niveau de détails et la richesse des couleurs, et vous obtiendrez une photo floue si vous ou votre sujet bougez un peu.

On achète ?

Reconnaissons qu’on est loin d’un appareil essentiel et que son utilité en laissera plus d’un perplexe. D’autres s’inquiéteront à juste titre des risques pour la vie privée.

Mais nous le disons sans fausse honte, même avec ces réserves, ces lunettes sont le gadget le plus excitant depuis belle lurette, à ranger dans la catégorie du Galaxy Fold, peut-être même de l’Echo d’Amazon lancé en 2014. Il s’agit d’une première génération qui vient avec son lot de défauts, mais les Ray-Ban Stories inaugurent peut-être une autre façon de filmer, de photographier, de parler au téléphone ou d’écouter de la musique.

Oui, il existe déjà sur le marché des lunettes dotées de caméras moins coûteuses, mais elles sont loin d’avoir la polyvalence et le fini de celles de Facebook.

Ray-Ban Stories

Fabricants : Ray-Ban, Facebook
Prix : à partir de 369 $
Note : 4,5 sur 5