Un des seuls concurrents d’Amazon, Kobo, joue d’audace en proposant une liseuse qui a tout d’une tablette. Écran de 10,3 po, stockage de 32 Go, utilisation d’un stylet, processeur plus rapide, autonomie remarquable : elle a tout pour séduire. Mais est-ce vraiment ce que veulent les mordus de liseuses ?

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

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Une liseuse avec un écran E Ink de 10,3 po, comme le propose Kobo avec son Elipsa, c’est une rareté. Nous voici donc avec, entre les mains, une liseuse nettement plus performante, forte de son processeur de 1,8 GHz avec 1 Go de RAM. Pour comparer, le plus récent modèle haut de gamme de Kobo, la Forma, disposait de 1 GHz et 512 Mo de RAM. La différence est rapidement perceptible, que ce soit pour changer de page, revenir au menu principal ou effectuer une recherche dans sa bibliothèque.

La capacité de stockage a également été largement augmentée, à 32 Go, ce qui vous permettrait grosso modo d’y ajouter 16 000 livres. Disons que vous ne serez pas pris sans lecture avec cet appareil sous la main.

Mais comme il s’agit d’un écran tactile E Ink, qui ressemble à du papier et consomme moins d’énergie que les écrans à diodes électroluminescentes, la lecture est beaucoup plus agréable, même à l’extérieur. Elle est évidemment rétroéclairée, comme c’est la norme avec les liseuses depuis des années. L’autonomie revendiquée est de l’ordre de « plusieurs semaines », selon vos habitudes de lecture. Nous avons à peine entamé la moitié de la pile en trois semaines d’essai.

Comme c’est la marque distinctive de Kobo, l’Elipsa est compatible avec 15 formats de fichiers, dont les populaires EPUB, les PDF et les formats texte.

Son autre avantage par rapport aux Kindle d’Amazon, c’est qu’elle accepte les livres empruntés à la bibliothèque publique, qui sont généralement en EPUB avec verrouillage.

Kobo offre également une librairie virtuelle de quelque 5 millions de livres, dont un choix honnête de titres en français. Avec le service Overdrive, on peut emprunter directement de la bibliothèque publique à partir de la liseuse. Le choix en français ici, par contre, est médiocre, presque inexistant, même si des bibliothèques québécoises sont affichées.

On peut également envoyer directement ses livres dans la liseuse grâce à Dropbox.

La grande nouveauté, c’est que l’Elipsa est vendue avec le stylet maison de Kobo. Cet accessoire permet de sélectionner des passages d’un livre, d’y ajouter des notes manuscrites ou de rédiger des documents dans le carnet de notes disponible dans la liseuse.

Lorsque vous sélectionnez ensuite vos notes manuscrites, elles sont reconverties en texte numérique qui peut être copié et collé. Et ça fonctionne étonnamment bien, même en français, pourvu qu’on s’applique à bien tracer les lettres.

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Le plus grand défaut de l’Elipsa, c’est son poids. L’ensemble avec l’étui et le stylet est de 752 g, là où la norme est d’environ 300 g. Tenir l’Elipsa d’une main pour lire, c’est s’assurer d’un bon mal de poignet assez rapidement.

Pour une raison inexplicable, on n’a pas ajouté à l’Elipsa la couleur lumineuse ambrée, si reposante et moins agressante.

L’écriture manuscrite est lente et la conversion en texte numérique prend beaucoup de temps, si vous avez plusieurs phrases à faire traiter.

On a beau noter que l’Elipsa a plus de puissance que les autres liseuses, on est encore très loin d’une tablette. L’écran n’a pas la même sensibilité, il faut se contenter de texte et d’images en noir et blanc et des fonctions bêta comme la navigation web sont plutôt pénibles.

On achète ?

Il y a plus de sept ans que nous sommes totalement converti aux liseuses, dont les qualités et les défauts en font l’appareil idéal pour la simple lecture. Pas question ici de s’éparpiller entre courriels, sites internet et autres messageries : on lit, c’est tout. Et Kobo offre probablement les meilleurs appareils sur ce marché qui s’est restreint avec les années, notamment parce qu’ils sont compatibles avec plus de formats.

Mais l’Elipsa nous laisse perplexe. Oui, c’est un bel appareil, bien conçu, une superliseuse qui peut servir de bloc-notes et même, provisoirement, de tablette, mais était-ce nécessaire ? Dans notre cas, après ce test, nous avons retrouvé avec soulagement notre bonne vieille liseuse plus lente, mais plus légère. Peut-être que d’autres mordus de liseuses y trouveront leur bonheur. Qui sait ?

Elipsa

Fabricant : Kobo
Prix : 499,99 $ (étui et stylet compris)
Note : 4 sur 5