(San Francisco) Apple a réautorisé le réseau social conservateur Parler sur sa plateforme de téléchargement d’applications mobiles après plus de 3 mois de suspension liée aux émeutes du Capitole du 6 janvier.

Agence France-Presse

Après des échanges « substantiels » entre les deux entreprises, « Parler a proposé des mises à jour en termes de modération des contenus » qui ont satisfait le fabricant de l’iPhone, selon une lettre envoyée par Apple au représentant républicain Ken Buck.

L’élu, qui avait sollicité le groupe californien, a tweeté une copie de la lettre lundi avec ce message en commentaire : « Immense victoire pour la liberté d’expression ».

L’appli n’était pas sur l’App Store lundi, mais la marque à la pomme dit avoir informé Parler de sa décision le 14 avril et s’attend à ce que la version mise à jour soit « disponible dès que l’éditeur l’aura publiée ».

L’invasion du Congrès le 6 janvier par des partisans extrémistes de Donald Trump avait fait 5 morts et entraîné des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. Les principales plateformes avaient fermé le compte de l’ex-président américain, puis Google, Apple et Amazon avaient expulsé Parler de leurs services le 9 janvier.

« Nous avons examiné les appels à la violence » dans les messages sur le réseau social « et considérons qu’il y a une limite entre la liberté d’expression et l’incitation à la violence », avait déclaré le patron d’Apple, Tim Cook, interrogé sur Fox News mi-janvier.

Le réseau s’était retrouvé ostracisé de fait. Mais Apple précise dans sa lettre du 14 avril que sa décision avait été prise « sans consultation avec Google ou Amazon ».

Comme d’autres plateformes alternatives, Parler régule moins la désinformation et les contenus problématiques (violence, haine, etc.) que les réseaux établis.

Après l’éviction définitive de Donald Trump de Twitter, sa popularité était montée en flèche : le jour de son retrait par Apple, c’était l’application la plus téléchargée aux États-Unis sur l’App Store. Elle revendiquait 20 millions de membres avant de se retrouver sur liste noire.

Le réseau basé dans le Nevada avait licencié son directeur exécutif John Matze après les attaques, et avait fini par revenir sur Android (le système d’exploitation mobile de Google), après un mois hors ligne.

En février et en mars, le groupe a lancé des poursuites contre Amazon (qui lui avait coupé l’accès à ses serveurs), accusant le géant des technologies de diffamation, de rupture de contrat et de pratiques anti-compétitives.