(San Francisco) Facebook accélère le développement du cybercommerce sur ses plateformes à la faveur du « Grand confinement », qui accroît le besoin pour les petites entreprises de solliciter les consommateurs là où ils se trouvent : en ligne.

Julie JAMMOT
Agence France-Presse

Le géant des réseaux sociaux a lancé mardi un nouvel outil, baptisé « Facebook Shops », qui permet aux marques de créer un « magasin », une sorte de vitrine personnalisée sur la plateforme, pour mettre en valeur leurs produits et leur histoire, et faciliter les ventes.

« Ce sera gratuit de créer un “magasin” », a détaillé Mark Zuckerberg, le patron du groupe, lors d’une présentation sur le réseau mardi.

« Notre modèle économique, c’est la publicité. Si les “magasins” ont de la valeur pour les entreprises, il y aura plus de monde en ligne et nous gagnerons de l’argent comme ça ».

Les PME utilisatrices de Facebook Shops auront l’option de payer pour des publicités qui redirigent les consommateurs vers leur vitrine, qui sera la même pour Facebook et Instagram, et, plus tard, pour Messenger et WhatsApp.

Le nouvel outil devrait aussi permettre à Facebook d’augmenter le temps passé par les utilisateurs sur ses différentes applications, et ainsi de recueillir encore plus de données, moteur essentiel d’un ciblage publicitaire très fin et à très grande échelle.

Ne me quitte pas

« L’expérience doit être fluide et inspirante. Vous pourrez explorer l’univers des marques plus en détail, sans avoir à quitter l’appli », a résumé Layla Amjadi, directrice produit d’Instagram Shopping, lors d’une conférence de presse.

Facebook Shops va être progressivement mis à disposition, au cours des deux mois à venir, des quelque 160 millions de sociétés qui utilisent déjà l’écosystème du réseau social.

L’interface est dans les tuyaux depuis l’année dernière.

Le groupe californien a accéléré son développement, « dans l’espoir que cela aide des entreprises à survivre et à se construire une présence en ligne dans un contexte où les achats vont de plus en plus avoir lieu sur l’internet », explique George Lee, directeur du management des produits chez Facebook.

« Un tiers des PME américaines que nous avons interrogées pour une étude déclarent ne pas être opérationnelles en ce moment », à cause de la pandémie, rapporte-t-il.

« Un tiers d’entre elles n’ont plus d’activité qu’en ligne », ajoute-t-il.

Avec les mesures de distanciation sociale, Facebook se retrouve dans une situation paradoxale, avec un fort regain de l’engagement, mais une monétisation compliquée par les coupes de budgets publicitaires des entreprises.

Magasinage « live » et réalité augmentée

Le géant d’internet a décidé de se concentrer sur les « opportunités » et « choses à construire », qui se présentent à la faveur de la crise, selon les mots de Mark Zuckerberg, prononcés lors de la présentation des résultats financiers du premier trimestre.

Or les PME représentent la majorité des annonceurs de Facebook.

Aux États-Unis, certaines d’entre elles vont pouvoir tester un bouton « checkout » (paiement), qui existe déjà sur Instagram et permet de régler ses achats sans être redirigé vers le site marchand.

Le but est de retirer un maximum de barrières qui se dresse sur le chemin du consommateur une fois qu’il a repéré un produit, comme de devoir rentrer son numéro de carte bleue ou de se retrouver sur un site web mal conçu.

Le réseau social va en outre travailler sur le magasinage « live », c’est-à-dire l’intégration de liens vers les produits dans des vidéos diffusées en direct.

« Plus de 800 millions de personnes regardent des vidéos “live” tous les jours sur Facebook et Instagram, dont de nombreux tutoriels et lancements de produits », a élaboré Mark Zuckerberg. « Nous allons tester cette fonctionnalité très rapidement ».

Il a aussi promis que les marques pourront utiliser des effets de réalité augmentée, déjà testés dans le passé, pour donner par exemple la possibilité aux consommateurs de visualiser comme des lunettes de soleil ou un rouge à lèvres sur leur visage.