(Paris) Plus de 100 organisations de défense de la vie privée ont appelé jeudi les gouvernements à respecter un certain nombre de conditions s’ils choisissent de recourir à des technologies de surveillance dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Agence France-Presse

« La pandémie de COVID-19 est une urgence de santé publique de portée internationale qui requiert une réponse coordonnée et de grande ampleur de la part des gouvernements du monde entier », explique cet appel publié par Amnistie internationale.

« Cependant, les initiatives des États visant à contenir le virus ne doivent pas servir de prétexte à entrer dans une nouvelle ère de systèmes généralisés de surveillance numérique invasive. […] Le recours aux technologies de surveillance numérique pour combattre la pandémie doit se faire dans le respect des droits humains », dont « la vie privée, la liberté d’expression et la liberté d’association », poursuit-il.

Les associations appellent notamment les gouvernements à veiller à ce que les mesures de surveillances adoptées soient « légales, nécessaires et proportionnées », qu’elles « s’inscrivent dans un cadre légal » et répondent à « des objectifs légitimes de santé publique établis par les autorités sanitaires compétentes ».

« Si les gouvernements étendent leurs pouvoirs de suivi et de surveillance, alors ces pouvoirs doivent être limités dans le temps et ne doivent pas se prolonger au-delà de la durée nécessaire pour lutter contre la COVID-19 », demandent les organisations.

Les États sont de plus appelés à n’utiliser les données collectées que pour les objectifs de lutte contre la pandémie, à protéger les données des particuliers, à être transparents sur les moyens utilisés pour garantir l’anonymat et à veiller aux risques de discriminations.

Enfin, les associations appellent à être attentif à la collecte ou à l’utilisation de ces données par des entreprises tierces, et à proscrire leur gestion par des services de sécurité ou de renseignement.

Différents projets technologiques ont été lancés de par le monde pour lutter contre l’épidémie de COVID-19, notamment le recours aux données de localisation des opérateurs télécoms pour prévoir la propagation du virus et tracer le parcours des personnes malades, ou à des applications mobiles pour alerter les utilisateurs sur les personnes contaminées dont ils auraient croisé la route.