(Londres) Le cigarettier British American Tobacco (BAT), qui fabrique via sa filiale canadienne les marques DuMaurier et Players, entre autres, a annoncé mercredi qu’une de ses filiales travaillait sur un potentiel vaccin contre le coronavirus grâce à une méthode recourant à la feuille de tabac.

Agence France-Presse

Le vaccin est en phase de test préclinique et n’a pas donc pas été testé sur l’homme ni obtenu l’homologation des autorités sanitaires.

Si son efficacité se confirmait, BAT affirme être en mesure de produire,  avec l’aide de partenaires et des gouvernements, entre 1 et 3 millions de doses par semaine dès le mois de juin.

Interrogé par l’AFP, le groupe a précisé que les essais cliniques devaient débuter en même tant que la production, mais qu’il était difficile de savoir quand le vaccin serait disponible pour le grand public tant que les gouvernements ne se seront pas prononcés.

Sa filiale de biotech américaine, Kentucky BioProcessing (KBP), est parvenue à cloner un bout de la séquence de la COVID-19, ce qui a aidé à développer une molécule permettant de produire des anticorps à même de protéger contre le virus.

La feuille de tabac à laquelle BAT a recours, présente des propriétés particulières aux multiples avantages, selon le groupe, constituant un environnement favorable à une production plus efficace et rapide d’anticorps qu’avec les techniques traditionnelles.

Similaire à Médicago, de Québec

D’autres biotechs comme la canadienne Médicago, de Québec, utilisent aussi des feuilles de tabac pour la mise au point de vaccins. Médicago a elle aussi un cigarettier comme actionnaire (minoritaire), Philip Morris International.

« Nous pensons avoir réalisé une avancée importante avec notre plateforme technologique de feuilles de tabac et nous sommes prêts à travailler avec les gouvernements et toutes les parties prenantes pour aider à gagner la guerre contre la COVID-19 », a déclaré David O’Reilly, directeur de la recherche scientifique chez BAT.

Le groupe dit être déjà en contact avec les autorités sanitaires aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Des chercheurs et groupes pharmaceutiques du monde entier mènent actuellement une course contre la montre pour trouver un remède efficace contre la COVID-19, tant sous la forme d’un traitement que d’un vaccin.

L’Agence européenne du médicament (EMA) estime quant à elle « qu’il faudra peut-être attendre au moins une année avant d’avoir un vaccin contre la COVID-19 prêt à être approuvé et disponible en des quantités suffisantes pour permettre une utilisation à grande échelle ».

Cette estimation se fonde sur les informations disponibles et les expériences passées en matière de développement de vaccins, précise l’EMA.  

KBP s’était pour sa part déjà illustrée en 2014, avant de faire partie de BAT, en mettant au point un traitement contre Ebola.  

BAT est présente au Canada par sa filiale Imperial Tobacco.

Avec La Presse