(San Francisco) Une enquête de plus pour Google : un régulateur américain a décidé jeudi de se pencher sur ses enceintes connectées, alors que les pratiques du géant d’internet en termes de droit de la concurrence sont déjà examinées de près au plus haut niveau.

Agence France-Presse

« L’investigation est fondée sur une plainte déposée par Sonos le 7 janvier », explique dans un communiqué l’agence fédérale responsable du commerce international, précisant ne pas avoir encore statué sur son bien-fondé.

Sonos, un fabricant d’enceintes dites « intelligentes », aussi basé dans la Silicon Valley, poursuit Google pour des violations de brevets.  

L’entreprise accuse la firme de Mountain View d’avoir profité de partenariats, à l’époque où Google ne produisait pas encore d’enceintes, pour voler des technologies, comme celle qui permet à plusieurs appareils de se synchroniser.

« Sonos a tenu des propos mensongers sur notre travail ensemble. Notre technologie et nos appareils ont été conçus de façon indépendante. Nous nions fermement leurs allégations et nous allons nous défendre », a réagi Jose Castaneda, porte-parole de Google, dans une déclaration à l’AFP.

PHOTO FOURNIE PAR SONOS

Le ministère américain de la Justice et plusieurs États enquêtent déjà sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles du groupe, qui domine largement la publicité en ligne aux États-Unis (36 % de parts de marché, suivi par Facebook à 19 %).  

Ils s’intéressent aussi au moteur de recherche et à Android, le système d’exploitation mobile.

Au Congrès, la commission judiciaire de la Chambre des représentants enquête plus largement sur les quatre grands connus sous leur acronyme de GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), sur le même genre de sujets.

Patrick Spencer, le patron de Sonos, a témoigné en janvier devant un comité parlementaire.

« J’étais là pendant la période où Microsoft et Intel dominaient le marché et pourtant je n’ai jamais vu des sociétés aussi dominantes utiliser à ce point leur pouvoir pour investir dans d’autres catégories et étendre encore leur monopole », a-t-il déclaré jeudi sur la chaîne CNBC.

Il faisait notamment référence aux écosystèmes fermés bâtis par les GAFA pour inciter les consommateurs à n’utiliser que des produits d’une même marque, des services de divertissements aux paiements, par exemple.

Il a assuré s’inquiéter de la situation de l’innovation aux États-Unis, indiquant que « les créations d’entreprises sont au plus bas depuis 30 ans » et soulignant qu’il y a « moitié moins d’entreprises cotées en Bourse par rapport à il y a 20 ans ».